Georges-Émile-Lapalme
Création de :
Anne Fauteux

Récipiendaire

Daoust, Fernand

Prix Georges-Émile-Lapalme 1998
Catégorie : Culturelle

Né le 26 octobre 1926
Montréal

Fernand Daoust - lauréat
Photo : Marc-André Grenier

D'emblée, Fernand Daoust situe le point de départ de son engagement en faveur de la langue française dans les années cinquante, au moment de ses premiers contacts avec le mouvement syndical. Au Québec, l'état de sujétion dans lequel se trouvent alors les travailleurs de la grande industrie, contraints à des relations de travail se déroulant presque exclusivement en anglais, motive l'orientation de sa vie. « Quand on négociait en anglais, on était en situation d'infériorité, de faiblesse, parce qu'on ne pouvait pas aller au bout de notre pensée.  »

Si les années cinquante furent celles de la prise de conscience, les années soixante furent celles du réveil pour l'ensemble de la société québécoise. Fernand Daoust était convaincu qu'il fallait élargir le front : donner aux travailleurs une voix sur le plan politique. Cette conviction l'amena à participer, au mois de juin 1961, au congrès de fondation du Nouveau Parti démocratique (NPD). On y accepta, avec réticence, la thèse des deux peuples fondateurs du Canada. Ce débat ainsi que la prise de conscience du Québec au sujet de la question nationale permirent plus tard des avancées au sein du Congrès du travail du Canada (CTC), organisme pancanadien proche du NPD, qui résulteront en une forme de « souveraineté-association  » entre la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le CTC.

Le moment de sa vie publique pour lequel il s'enflamme le plus est sans contredit le congrès de la FTQ de 1969. Non pas tant parce qu'il y a été élu secrétaire général de la centrale que parce que l'organisme a choisi de mettre de l'avant, sous forme de résolution, au moment même où l'Assemblée nationale se préparait à adopter le projet de loi 63, une politique de la langue française pour le Québec. La FTQ, dira Fernand Daoust non sans fierté, a été le précurseur de la prise de conscience de la question de la langue au Québec. Parce que ses membres se recrutaient pour beaucoup dans la grande entreprise, ils ont vécu « la dépossession, l'humiliation et l'aliénation linguistiques ». Huit ans plus tard, ce que l'on retrouvera dans la Charte de la langue française faisait déjà partie de cette résolution.

Membre du conseil d'administration de l'Office de la langue française depuis sa création en 1977, Fernand Daoust s'émerveille du travail accompli par l'organisme. Mais il est aussi conscient qu'un fort pourcentage d'entreprises ne possèdent pas encore de certificat de francisation : « Le travail, c'est le tiers de notre vie, c'est la période active d'un individu ; la langue du travail est le fer de lance, le nœud, ce qui est peut-être le plus fondamental pour l'affirmation de notre identité.  »


Georges-Émile Lapalme
Qui était Georges-Émile Lapalme ?
 

Date de remise du prix :
5 décembre 1998

Membres du jury :
Robert Dubuc (président)
John Chandioux
Anne-Marie Dussault


Texte :
Gaëtan Lemay et Claude Janelle