Georges-Émile-Lapalme
Création de :
Catherine Tremblay

Récipiendaire

Favreau, Marc

Prix Georges-Émile-Lapalme 1999
Catégorie : Culturelle

Né le 9 novembre 1929
Montréal
Décédé le 17 décembre 2005
Montréal

Marc Favreau - lauréat
Photo : Louis-Michel Major

C'est parce que c'est tout simple que Sol a passé l'épreuve du temps. Aujourd'hui comme hier, parler de cet auguste poète aux allures de clochard, c'est un peu comme vouloir expliquer un mot d'enfant. Le secret du succès de Marc Favreau est pourtant facile à expliquer. Parce que la recette derrière Sol est aussi simple que le personnage lui-même. Elle découle de la définition la plus dépouillée qui soit du processus créatif : « Se faire plaisir en espérant que ce soit contagieux pour le public. »

D'abord dessinateur, comme son père, Marc Favreau s'approche ensuite du théâtre, puis de la télévision naissante, par l'entremise de la fabrication de décors. C'est là qu'il prend le goût de la scène. Il fait alors son apprentissage de comédien à l'école du Théâtre du Nouveau Monde. En 1958, Marc Favreau sera retenu au cours d'une audition pour le rôle d'un clown (Bim et Sol) dans l'émission La Boîte à surprises à la télévision de Radio-Canada. C'est là que le personnage de Sol prend son véritable envol aux côtés de l'autre drôle de pistolet, Gobelet, interprété par Luc Durand.

En 1972, après 14 ans de présence continue à la télévision, les deux complices se décident à mettre fin à leur populaire émission. Marc Favreau rêve des planches, du contact direct avec le public. Son premier spectacle solo a lieu l'année suivante, au Patriote de la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Les spectacles et les tournées ne cessent de s'enchaîner par la suite pour mener au succès que l'on connaît.
Même s'il refuse de se considérer comme un véritable écrivain, Marc Favreau est conscient que c'est lui qui alimente le personnage de Sol, ce personnage auquel il dit s'abreuver tout autant qu'il le nourrit lui-même. Et le grand amour et le respect de la langue qu'il cultive depuis l'enfance en sont la source. Cette fascination pour les mots qu'il prend plaisir à déconstruire et à triturer, il l'a développée de concert avec cet autre pouvoir qu'il s'est aussi découvert : celui de faire rire. Cependant, le désir de faire rire ne se réalise jamais au détriment de la langue, bien au contraire. On s'aperçoit vite que la tentation du joual n'a jamais effleuré Sol ni Marc Favreau : « Elle est riche la langue, elle est imagée ; on n'a pas le droit de l'appauvrir et de la garder pauvre. Au contraire, on doit s'exciter autour de la langue. Et s'amuser, pourquoi pas ? » Marc Favreau a toujours cru en une langue française universelle. Cette caractéristique lui a d'ailleurs permis d'être reconnu rapidement et sans soubresauts en France et dans l'ensemble des pays de la francophonie. Et d'être élevé au rang des grands agitateurs de mots et de sens comme Raymond Devos et Bernard Haller.


Georges-Émile Lapalme
Qui était Georges-Émile Lapalme ?
 

Date de remise du prix :
23 novembre 1999

Membres du jury :
Anne-Marie Dussault (présidente)
Monique Cormier
André Gaulin


Texte :
Gaëtan Lemay et Claude Janelle