Armand-Frappier
Création de :
Natalie Narius

Récipiendaire

Berlinguet, Louis

Prix Armand-Frappier 1995
Catégorie : Scientifique

Chimiste

Né le 20 juin 1926
Trois-Rivières

Louis Berlinguet - lauréat
Photo : Marc-André Grenier

Très peu de scientifiques ont consacré autant d'énergie et de ferveur à la promotion de la science et de la technologie au sein de notre société que le professeur Louis Berlinguet.

Né à Trois-Rivières, Louis Berlinguet fait ses études à l'Université de Montréal où il obtient un baccalauréat en chimie en 1947, puis un doctorat en chimie de l'Université Laval en 1950. Après des travaux de recherche à Chicago, Bethesda et Londres, il enseigne la biochimie à la Faculté de médecine de l'Université Laval. En 1963, il devient directeur du Département de biochimie de la même université puis, en 1967, la Faculté de médecine le nomme vice-doyen à la recherche, charge dévolue, pour la première fois au Québec, à un non-médecin.

Au cours de ses recherches, Louis Berlinguet s'intéresse principalement à la synthèse d'acides aminés, à la chimiothérapie du cancer, à la chimie et biochimie des protéines et des peptides ainsi qu'au métabolisme des acides aminés et de leurs dérivés. Il signe plus d'une centaine d'articles scientifiques dans des revues spécialisées et dirige plusieurs étudiants de troisième cycle. À la fois visionnaire, organisateur et bâtisseur, Louis Berlinguet quitte l'Université Laval en 1969 pour participer à la création du réseau de l'Université du Québec, dont il devient le premier vice-président à la recherche. Il est ensuite le premier président de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS). S'engageant à fond dans la mise sur pied des centres INRS-Eau et INRS-Énergie, il joue également un rôle déterminant dans l'intégration de l'Institut Armand-Frappier au réseau de l'Université du Québec.

L'homme aux nombreux talents

Depuis le début de sa carrière, Louis Berlinguet cumule plusieurs fonctions mettant à contribution sa solide formation scientifique et son sens inné de l'organisation. Par exemple, en 1969, il accepte la présidence de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS). De 1976 à 1980, à Ottawa, il assume les fonctions de premier vice-président du Centre de recherche pour le développement international (CRDI). Il devient ensuite conseiller scientifique à l'Ambassade du Canada à Paris (1980-1983) puis, de 1983 à 1985, sous-ministre et premier conseiller scientifique du gouvernement canadien à Ottawa. Parallèlement à ces activités, Louis Berlinguet préside le Conseil de la politique scientifique du Québec (de 1975 à 1978) et porte les titres de conseiller auprès des Nations Unies et de vice-président du Comité consultatif des Nations Unies pour l'application des sciences et de la technologie (1978-1980). Convaincu du rôle de la science et de la technologie pour le développement du tiers-monde (il est un des créateurs du CRDI), il participe aux travaux des comités de l'Agence de coopération culturelle et technique (Paris), il préside le Commonwealth Science Council (Londres) et il siège aux conseils de l'International Foundation for Science (Stockholm), du Bostid (Washington) et du Conseil international des unions scientifiques (Paris).

En 1985, Louis Berlinguet accepte le poste de directeur général à l'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail (IRSST) jusqu'en 1990, alors qu'il devient président du Conseil de la science et de la technologie du Québec (de 1990 à 1998). Plus récemment, il est conseiller spécial du ministre Rochon pour la rédaction de la politique scientifique du Québec (1999-2001). Il préside actuellement le conseil d'administration du Centre de recherche en calcul appliqué (CERCA) et il siège à plusieurs comités pour le développement et la promotion de la science et de la technologie.

Outre les hautes charges officielles qui lui sont confiées au Québec, au Canada et à l'étranger, Louis Berlinguet contribue personnellement à l'élaboration des politiques scientifiques du Québec et du Canada. Dans ces fonctions, il prépare l'entente de collaboration scientifique entre la Grande-Bretagne et le Canada et travaille à la coordination des dossiers de l'espace TEL-SAT, Canada-NASA, sans oublier l'accord conclu au début des années 80 entre le Québec et le Canada concernant les dossiers scientifiques et technologiques. À titre de sous-ministre à Ottawa, il joue un rôle important dans l'établissement à Québec de l'Institut national d'optique (INO). Il est aussi membre de deux sous-commissions à la recherche scientifique et technologique : France-Québec (1970-1976) et Belgique-Canada (1971).

On récolte ce que l'on sème

Depuis le premier prix David qu'il remporte conjointement avec les docteurs Roger Gaudry (son directeur de thèse) et Guy Nadeau, en 1951, le professeur Louis Berlinguet sera plusieurs fois honoré par des institutions d'ici et d'ailleurs : officier de l'Ordre du Canada, officier et ancien président de l'Ordre national du Québec, officier des Palmes académiques (France), membre de la Société royale du Canada et membre émérite de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS). Il reçoit également trois doctorats honoris causaoctroyés par l'Université du Québec (INRS, 1979), l'Université de Sherbrooke (1984) et l'Université de Montréal (École polytechnique, 1996). En 1981, il devient le premier titulaire du prix Jacques-Rousseau de l'ACFAS, pour l'interdisciplinarité. En 1992, l'Ordre des chimistes du Québec le fait compagnon de Lavoisier. Enfin, l'Association des directeurs de la recherche industrielle du Québec (ADRIQ) lui décerne le prix Carrière, alors que l'Association canadienne de la gestion de la recherche (aujourd'hui dénommée l'Association canadienne de la gestion de l'innovation (ACGI) ) lui remet son prix annuel et l'Association des professeurs de science du Québec le nomme membre honoraire.

La carrière de Louis Berlinguet, ce « bâtisseur par excellence  », se distingue sans contredit par une suite ininterrompue de réalisations concrètes qui font la fierté de ses concitoyens et rehaussent aux yeux du monde le prestige du Québec en matière de science et de technologie.


Résumé de carrière

1950
Doctorat en chimie de l'Université Laval

1951
Premier lauréat du prix David

1963
Directeur du Département de biochimie de l'Université Laval

1967
Vice-doyen à la recherche de la Faculté de médecine de l'Université Laval

1969
Président de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences

1975-1978
Président du Conseil de la politique scientifique du Québec

1979
Doctorat honoris causa de l'Université du Québec

1981
Premier lauréat du prix Jacques-Rousseau de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences

1984
Doctorat honoris causa de l'Université de Sherbrooke

1985-1990
Directeur général de l'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail

1990-1998
Président du Conseil de la science et de la technologie du Québec

1995
Prix Armand-Frappier

1996
Doctorat honoris causa de l'Université de Montréal

2001-
Président du Centre de recherche en calcul appliqué

Armand Frappier
Qui était Armand Frappier ?
 

Date de remise du prix :
3 décembre 1995

Membres du jury :
Céline Saint-Pierre (présidente)
Maurice Brossard
Bernard Coupal
Maurice L'Abbé
Charles Terreault


Texte :
Alix Renaud

Mise à jour :
Nathalie Kinnard