Paul-Émile-Borduas
Création de :
Danielle Thibeault

Récipiendaire

Daudelin, Charles

Prix Paul-Émile-Borduas 1985
Catégorie : Culturelle

Né le 1er octobre 1920
Granby
Décédé le 2 avril 2001
Montréal

Charles Daudelin - lauréat
Photo : Bernard Vallée

Dans l'histoire de l'art au Québec, Charles Daudelin détient généralement le double titre de pionnier de la sculpture abstraite et de l'art intégré à l'architecture.

Par ailleurs, l'artiste est resté toute sa vie un généreux touche-à-tout : entre autres, il a d'abord été – et il est redevenu sur le tard – un peintre qu'on considérait, au milieu des années quarante, comme un des plus prometteurs du groupe des Sagittaires (qui fut l'antichambre de l'automatisme québécois) ; il s'est adonné à la céramique, il a fabriqué des bijoux chez l'orfèvre Gilles Beaugrand, il a connu, avec sa femme Louise, une longue et fructueuse aventure de marionnettiste…

Au cours des années quarante, Daudelin aura l'occasion à deux reprises de travailler avec Fernand Léger : à New York d'abord, puis à Paris où il séjourne pendant deux ans grâce à une bourse du gouvernement français. L'influence du maître – et, plus généralement, du surréalisme – est du reste assez manifeste dans ses œuvres « archétypales » des années cinquante, qui donneront naissance aux fameuses séries de bronze texturé, organiques et sensuelles, de la décennie suivante. Celles-ci, qui sont parfois monumentales, constituent la contribution la plus significative de Daudelin à l'histoire de notre sculpture, comme en ont témoigné les rétrospectives présentées, en 1974, par le Musée d'art contemporain de Montréal et, plus récemment, par le Musée du Québec.

Cela dit, Daudelin aura consacré la plus grande partie de son énergie à ce qu'on appelle l'« art public ». (On a oublié qu'il a créé, dès les années soixante à l'École des beaux-arts, une section d'arts intégrés, qui a fait long feu.) Il était une sorte de concepteur d'environnements. Mentionnons, pour mémoire et entre d'innombrables « œuvres du 1 % », ses réalisations pour la chapelle du Sacré-Cœur de l'église Notre-Dame de Montréal, pour le square Viger, pour la Place du Québec, à Paris…

De là, souvent, une production qui, obligée de répondre à une foule de nécessités extérieures, n'offre pas la même cohérence que celle qui se développe dans l'espace clos de l'atelier. Charles Daudelin en convient volontiers, d'autant qu'il n'a jamais été mécontent de cette « diversité » de son œuvre, n'en déplaise à ceux qui, disait-il, « aimeraient le voir se brancher quelque part ». Tout au long de sa carrière, l'artiste a vu, dans les contraintes des commandes, des défis qui lui auront permis de faire des découvertes insoupçonnées dans sa démarche créatrice.


Paul-Émile Borduas
Qui était Paul-Émile Borduas ?
 

Date de remise du prix :
24 septembre 1985

Membres du jury :
Marcelle Ferron (présidente)
Lise Bissonnette
Angèle Beaudry
Tatiana Démidoff-Séguin
Robert Savoie



Texte :
Gilles Daigneault