Paul-Émile-Borduas
Création de :
Anne Fauteux

Récipiendaire

Whittome, Irene F.

Prix Paul-Émile-Borduas 1997
Catégorie : Culturelle

Née le 4 mars 1942
Vancouver (Colombie-Britannique)

Irene F. Whittome - lauréate
Photo : Marc-André Grenier

« Dès ma première visite au British Museum, j'ai été fascinée par l'art égyptien. C'est cette fascination initiale pour l'art de l'enveloppement qui m'a amenée, quelque 15 ans plus tard, à orienter mon travail vers la conservation de l'objet, alors que je me suis mise à utiliser, par exemple, la cire, la ficelle et le papier comme autant de matériaux me permettant de mettre en boîte mes objets fétiches, de les momifier, en fait », explique Irene F. Whittome. C'était à Londres en 1963.

Avide de culture et irrésistiblement attirée par la Ville Lumière dont on lui vantait l'effervescence artistique, elle bifurque bientôt sur Paris où elle s'inscrit à l'Atelier 17 de Stanley William Hayter pour parfaire son apprentissage de la gravure. En même temps, elle s'imprègne de l'art brut, primitif et gestuel de Jean Dubuffet, Francis Bacon et Pierre Alechinsky, de la sculpture d'Alberto Giacometti et des ready made de Marcel Duchamp.

L'œuvre d'Irene F. Whittome, qui se développe autour de thèmes aussi vastes que le temps, la mémoire, la durée et les origines de l'humanité, conserve des traces de tous les éléments qui, avec ceux associés au règne animal et végétal, font la richesse de l'univers : l'eau, l'air, la terre et le feu. Ses premières années d'apprentissage à la petite école de Blue River, près de Kamloops en Colombie-Britannique, marquées par l'influence de la culture haida pétrie de nature et de spiritualité, l'ont abondamment nourrie, tout comme la vue quotidienne de l'eau sur les bords du fleuve Fraser conduira plus tard l'artiste à bâtir une impressionnante thématique autour de la tortue.

Alter ego mythique, la tortue apparaît d'abord dans les jardins du Musée d'art contemporain de Montréal (Illuminate), à l'été de 1987, puis au Power Plant de Toronto (Shamash) et au Muséum d'histoire naturelle de Larochelle (Ho T'u) en 1988, avant de prendre place dans Le Musée des traces (1989-1990) qui, avec Le Musée blanc (1975) et Le Musée noir (1992), constitue aujourd'hui ce qu'il est convenu d'appeler le musée « whittomien ». Entendons par là une suite d'expositions-installations où cette « archéologue de la mémoire » a rassemblé, à un rythme régulier et sous forme de séquences organisées, les témoignages matériels qui exposent la relation de l'artiste avec le monde extérieur et son monde intérieur.

« Cette véritable alchimiste », comme la présente un documentaire que lui a consacré le Musée des beaux-arts de Montréal en 1997, a reçu plusieurs récompenses, dont le prix Victor Martyn Lynch-Staunton, décerné par le Conseil des arts du Canada, en 1990 et le Prix de la Fondation Gershon Iskowitz, de Toronto, en 1992. Le Musée du Québec a présenté en l'an 2000 une importante rétrospective de son œuvre.


Paul-Émile Borduas
Qui était Paul-Émile Borduas ?
 

Date de remise du prix :
6 décembre 1997

Membres du jury :
Michel Goulet (président)
Danielle April
Betty Goodwin



Texte :
Julie Stanton et Claude Janelle