Athanase-David
Création de :
Catherine Tremblay

Récipiendaire

Giguère, Roland

Prix Athanase-David 1999
Catégorie : Culturelle

Né le 4 mai 1929
Montréal
Décédé le 17 août 2003
Montréal

Roland Giguère - lauréat
Photo : Louis-Michel Major

Roland Giguère ne se perd pas en mots inutiles, il plonge droit au cœur des choses. Voilà pourquoi, sans doute, ses aphorismes séduisent et restent en mémoire.

De ses révoltes de jeune homme, né dans le quartier Villeray à Montréal, dans un milieu humble, dans un monde encore prisonnier de l'obscurantisme, de ce que l'on nomme toujours la « grande noirceur », de ses révoltes donc, de ses aspirations, Roland Giguère fait des poèmes. Il a 18 ans, il écrit et il aime l'objet-livre. Pour réaliser ses rêves, il prend le seul moyen alors à sa disposition et fait le premier geste important de sa vie : il s'inscrit à l'Institut des arts graphiques. Il sera typographe. Il ne perd pas de temps. Son premier livre, c'est à l'école qu'il le produit. Il imprime ses poèmes à 100 exemplaires avec l'aide des copains et celle du maître, Albert Dumouchel. Il saura comment « faire naître » un livre : écrire, composer, imprimer, éditer ; il saura mettre ses multiples talents au service du livre, avec patience et respect. Roland Giguère a 20 ans quand il fonde les Éditions Erta ; il y publiera ses œuvres et les textes de plusieurs poètes québécois.

Poète, typographe, éditeur, maquettiste, graveur, lithographe, amant des mots et des signes, voilà Roland Giguère tel qu'en lui-même. L'homme trouve autant de plaisir à composer un texte lettre par lettre qu'à écrire un poème. Le métier de typographe, tel qu'il l'a aimé et pratiqué, n'existe plus, la technologie en ayant bousculé les règles. Il aimait trop sans doute choisir les lettres une à une et voir ainsi naître le poème. Il a préféré s'arrêter.

Roland Giguère, qui a publié plusieurs recueils dont L'Âge de la parole (1965), Forêt vierge folle (1978), La Main au feu (1987) et Illuminures (1997), est conscient « qu'il n'y a pas de place pour le poète dans le monde d'aujourd'hui. Le cri du poète est perdu. » Toutefois, sa conviction reste inébranlable : « Le poète est un révolutionnaire, il est et restera en marge, c'est un sismographe, sa sensibilité reçoit des ondes et il réagit de façon véhémente. Le rôle du poète, c'est crier, se révolter, écrire. La poésie n'est pas un art populaire, c'est un art de révolte et de maquis. »


Athanase David
Qui était Athanase David ?
 

Date de remise du prix :
23 novembre 1999

Membres du jury :
Robert Lalonde (président)
Charlotte Guérette
Jean Larose
Maurice Lemire
Élise Turcotte


Texte :
Janette Biondi et Claude Janelle