Récipiendaire

Courchesne, Luc

Prix Paul-Émile-Borduas 2019
Catégorie : Culturelle

Né le 20 mai 1952
Saint-Léonard-d’Aston

Luc Courchesne - lauréat
Photo : Éric Labonté

Artiste, chercheur et enseignant passionné, Luc Courchesne participe depuis 5 décennies à l’émergence des arts médiatiques et numériques. Issue de la fusion de l’art, du design et de la technologie, son œuvre pluridisciplinaire est guidée par la quête de l’innovation. Précurseur de la vidéo interactive et de l’installation immersive, il a su créer ses propres dispositifs d’immersion sensorielle, pousser plus loin les technologies interactives et réactives, en plus de scénariser des expériences qui engagent la participation du public.

Luc Courchesne obtient un baccalauréat en design du Nova Scotia College of Art and Design en 1974 et, 10 ans plus tard, une maîtrise en science des études visuelles du Massachussets Institute of Technology. Professeur à l’École de design de l’Université de Montréal de 1989 à 2013, il en assume la direction pendant 5 années. Son enseignement porte sur les nouvelles pratiques en design d’expérience interactive et en création numérique. Ce volet de sa carrière consacré à l’enseignement est indissociable de son parcours de chercheur et de créateur au cours duquel il a longuement apprivoisé, en plus de nouvelles techniques pour ses dispositifs, la matière, la lumière et l’espace. Son travail est d’ailleurs présent dans les ouvrages d’anthologie et enseigné dans les programmes universitaires partout dans le monde.

Luc Courchesne se démarque par son approche de la photographie panoramique et sphérique et il fait preuve de créativité remarquable sur le plan des technologies numériques. Ses intérêts en recherche portent notamment sur l’expérience participative, la téléprésence immersive et la création d’espaces virtuels partagés. Parmi ses réalisations en design, mentionnons le système de signalisation des parcs du Québec, toujours en usage après plus de 40 ans, ainsi que son sac Boule, breveté en 1976 et en production ininterrompue depuis. En muséographie, l’installation multimédia qu’il a créée pour le lieu historique national Louis-S.-Saint-Laurent en 1982 est présentée sans interruption depuis et classée au patrimoine historique canadien.

En art, l’œuvre Portrait no. 1, qui permet aux visiteurs de converser avec des personnages virtuels, a été présentée dans une soixantaine d’expositions. Elle a fait école comme tout premier portrait vidéo interactif et représente l’un des premiers avatars humanoïdes. Très innovante pour l’époque, elle lui a valu une reconnaissance mondiale. Récemment mis à jour, son concept a été repris au Musée Pointe-à-Callières pour faire revivre des personnages historiques.

Inventeur, il conçoit et brevette en 2000 le Panoscope 360°, un dispositif de projection panoramique. Couplé aux moteurs graphiques temps-réel développés pour l’industrie du jeu vidéo, son dispositif permettant d’entrer dans un espace 3D dynamique a inspiré les concepteurs du film Star Trek en 2009. Également, la plateforme Posture, dont il est l’auteur principal, représente un nouveau médium de création destiné aux espaces virtuels de socialisation.

La collaboration de Luc Courchesne avec des artistes et des organismes culturels du Québec est féconde. Le rôle central qu’il a joué pour permettre la tenue du symposium de l’Inter-Society for Electronic Arts à Montréal en 1995 a eu des retombées majeures sur la vitalité de la recherche-création numérique au Québec. Il a contribué, avec Monique Savoie, à la fondation de la Société des arts technologiques où il a joué plusieurs rôles depuis, dont celui de commissaire du Symposium iX, lequel se classe parmi les principaux rendez-vous avec l’expérience immersive. À l’Université de Montréal, il a créé le Laboratoire de muséographie, lequel a permis d’ouvrir la voie aux pratiques contemporaines du design d’interaction et d’expérience en collaboration avec des institutions culturelles et scientifiques québécoises.

Créateur de haut niveau, Luc Courchesne a contribué au rayonnement du Québec à l’international avec la théâtralisation spatiale utilisée comme outil de médiation émotionnelle. Ses œuvres font partie de grandes collections institutionnelles, corporatives ou privées dans une cinquantaine de villes dans le monde.

Les bases conceptuelles qui se sont formées au fil de ses projets restent inspirantes et sa contribution au Québec et au monde, importante. « Je m’estime particulièrement chanceux d’avoir pu traverser autant de milieux différents, ici et ailleurs dans le monde, au cours de près de 5 décennies. Entre la recherche-création académique et la création indépendante, entre le marché de l’art et la pratique du design, entre l’enseignement et mes responsabilités auprès d’organismes culturels, il me semble avoir suivi un fil continu, une démarche de création itérative, où les réalisations ne sont que les jalons d’un parcours où j’ai pu garder le cap sur mon ambition de comprendre le monde dans lequel je vis, m’engager à le transformer et à transmettre à d’autres l’envie d’en faire autant », conclut-il.


Paul-Émile Borduas
Qui était Paul-Émile Borduas ?
 

Membres du jury
Claudine Thériault
Moridja Kitenge-Banza
Pascale Girardin
Carmelle Adam
Monic Brassard