Athanase-David
Création de :
Anne Fauteux

Récipiendaire

Langevin, André

Prix Athanase-David 1998
Catégorie : Culturelle

Né le 11 juillet 1927
Montréal
Décédé le 21 février 2009
Cowansville

André Langevin - lauréat
Photo : Pierre Filion

Par la puissance de son œuvre mais aussi par la distance qu'il a imposée entre celle-ci et lui-même, André Langevin apparaît comme un personnage énigmatique et imposant. Depuis le milieu des années soixante-dix, l'écrivain s'est tu, muré dans un silence tenace et volontaire qui ceinture une parole qui aurait encore beaucoup à dire. Au risque de l'oubli.

Pourtant, cette œuvre mûre dès sa naissance est toujours actuelle. Elle a aussi le mérite d'avoir contribué à inscrire le roman québécois dans sa modernité en assumant les interrogations les plus lourdes de l'époque, notamment celle de l'existentialisme ainsi que celle de la relation de l'homme à Dieu. Publiés au Québec par le Cercle du livre de France, les romans d'André Langevin sont aussitôt accueillis par les grands éditeurs français comme Laffont, Denoël et Julliard. Poussière sur la ville (1953) et Une chaîne dans le parc (1974) seront en outre traduits et publiés au Canada anglais ainsi qu'aux États-Unis.

Le combat d'André Langevin est d'abord et avant tout un combat pour la liberté. Nulle part ne l'a-t-il si bien exprimé que dans ce texte qui a été publié dans La Presse du 16 avril 1977 en hommage à son ami Hubert Aquin qui venait de se donner la mort. Il y lie intimement leurs destinées littéraires. Leur combat solitaire pour la langue et la culture. Leur opposition commune aux modes intellectuelles du temps faites d'une condescendance obligée envers la culture de masse derrière laquelle se cache avant tout une volonté de manipulation des individus. Leur sentiment commun d'être passés, malgré les promesses de la Révolution tranquille, d'une forme d'obscurantisme à une autre qui ne sait respecter ces valeurs fondamentales qui étaient celles de Hubert Aquin : « la liberté d'abord, la langue et la culture ensuite... ».

À travers sa défense résolue de la littérature qui, à son point de vue, « constitue la seule mémoire authentique de l'humanité », c'est le Québec tout entier qu'André Langevin tente de rallier à la valeur du dépassement. En 1975, il écrivait que l'avenir de la littérature et de notre société est lié au sort que nous réservons à notre jeunesse dont, pourtant, nous nous sommes empressés de faire de « petits hommes adultes, réalistes, libérés des mystères de la vie », nous privant ainsi de cet espoir qu'ont toujours incarné l'enfance et la promesse de changement qui en émane.

Emprisonnée sous cet ensemble de contraintes, la littérature, gardienne de cet espoir et de cet absolu, est-elle encore possible ?


Athanase David
Qui était Athanase David ?
 

Date de remise du prix :
5 décembre 1998

Membres du jury :
Laurent Mailhot (président)
Jean-François Chassay
Pauline Harvey
Marie-Andrée Lamontagne


Texte :
Gaëtan Lemay et Claude Janelle