Denise-Pelletier
Création de :
Anne Fauteux

Récipiendaire

Morel, François

Prix Denise-Pelletier 1996
Catégorie : Culturelle

Né le 14 mars 1926
Montréal

François Morel - lauréat
Photo : Roch Théroux

Compositeur, pianiste, chef d'orchestre et pédagogue recherché, François Morel est l'un de nos plus éminents représentants dans le domaine de la musique contemporaine. Jouées chez nous comme dans les grandes villes d'Europe, ainsi qu'en Russie, au Japon, en Chine et aux États-Unis, sous la direction des chefs les plus réputés tels Monteux, Ozawa, Metha et Abbado, ses œuvres portent en elles la vision poétique de cet alchimiste des couleurs et des textures.

Sa musique, qu'il préfère qualifier de « musique classique du XXe siècle » ou encore de « musique de concert de tradition occidentale », s'alimente d'ailleurs fréquemment des recueils des poètes québécois des années soixante, par exemple Sauf-Conduits, de Wilfrid Lemoyne, dont le compositeur s'est inspiré pour définir l'atmosphère de Et le crépuscule… se trouva libre. Depuis Antiphonie – dont la création en 1953 sous la direction de Leopold Stokowski à Carnegie Hall, lors d'un concert de musique canadienne, marqua le début officiel de sa carrière de compositeur –, François Morel a écrit une cinquantaine d'œuvres, musique de chambre, musique d'orchestre, musique pour clavier, musique pour harmonie, qui ont établi sa réputation.

Compositeur et chef d'orchestre pigiste, il a travaillé pendant plus de 25 ans pour la Société Radio-Canada ; une collaboration qui l'a amené à créer la musique de plusieurs séries d'émissions et plus d'une centaine de musiques de scène pour des téléthéâtres. « Le travail alimentaire m'a permis de vivre sans être dépendant des subventions. En plus, il m'a évité le piège de la tour d'ivoire et permis un contact enrichissant avec les musiciens et musiciennes à qui je devais constamment penser, tout en servant à la fois le texte et la vision du réalisateur. »

François Morel, qui se qualifie de fonceur, espère avoir légué en héritage aux jeunes générations de musiciens et de musiciennes la passion, le doute et le métier. « Un métier, dit-il, qui mérite d'être bien fait et qui doit se doubler d'une vision réaliste. Ce genre de musique a peut-être deux millions d'adeptes dans le monde, mais c'est pour eux que l'on crée comme Bach créait il y a trois cents ans pour une poignée de mélomanes, tandis que le grand public ne le comprenait guère, quand il n'ignorait pas tout simplement son existence. L'important, c'est de croire en soi et en son œuvre… et de persévérer ! »


Denise Pelletier
Qui était Denise Pelletier ?
 

Date de remise du prix :
7 décembre 1996

Membres du jury :
Martine Époque (présidente)
Martine Beaulne
Sylvain Lelièvre
Gilles Tremblay


Texte :
Julie Stanton et Claude Janelle