Armand-Frappier
Création de :
Christine Larochelle

Récipiendaire

Paquet, Jean-Guy

Prix Armand-Frappier 2000
Catégorie : Scientifique

Ingénieur

Né le 5 janvier 1938
Montmagny

Jean-Guy Paquet - lauréat
Photo : Yves Provencher

Le bureau du président-directeur général de l'Institut national d'optique (INO), au cœur du parc technologique de Québec, est à l'image de celui qui l'occupe : ouvert sur l'extérieur, calme et ordonné. Jean-Guy Paquet dirige l'INO depuis bientôt six ans. Depuis l'arrivée de cet administrateur hors pair, le budget du centre de recherche a augmenté de 25 p. 100 par année, la superficie de ses installations vient de doubler et la fièvre de l'optique est en train de gagner toute la région de Québec. Pourtant, c'est presque le hasard qui a conduit Jean-Guy Paquet à une carrière vouée à l'administration et à la promotion de la recherche scientifique comme outil de développement économique.

Jean-Guy Paquet choisit des études dans le domaine des sciences parce qu'elles lui permettent d'envisager une multitude de métiers. Après une maîtrise (1960) réalisée à l'École nationale supérieure de l'aéronautique de Paris, il reçoit son doctorat en génie électrique de l'Université Laval (1963), sur les systèmes de pilotage automatique des fusées. Les portes de la recherche universitaire lui sont alors ouvertes. Cependant, Jean-Guy Paquet hésite. Il se sent plutôt attiré vers un métier qui lui permettrait d'aider les autres. L'idée lui restera, mais sa carrière prend un autre chemin.

À la barre de l'Université Laval

En 1961, Jean-Guy Paquet fait ses débuts comme professeur adjoint au Département de génie électrique de l'Université Laval. Pendant dix ans, il se consacre à la recherche et à l'enseignement, dans les domaines de la théorie des systèmes et de la robotique. Curieux, touche-à-tout et bourreau de travail, il s'inscrit à des cours d'administration : « Pour le plaisir d'apprendre et parce que ces cours étaient pratiquement les seuls, à l'époque, à se donner le soir. » C'est le coup de foudre. Dès lors, Jean-Guy Paquet entame une ascension fulgurante dans la hiérarchie de l'Université Laval. Nommé directeur adjoint du Département de génie électrique en 1965, à 27 ans, il en prend ensuite la direction en 1967, avant d'être vice-doyen à la recherche de la Faculté des sciences et de génie en 1969 et, finalement, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche de l'Université Laval trois ans plus tard. Malgré ses responsabilités croissantes, l'ingénieur continue d'étudier, passant d'une matière à l'autre au gré de ses besoins ou de ses envies, afin de satisfaire son insatiable soif d'apprendre.

En 1977, à 39 ans, Jean-Guy Paquet se retrouve à la barre de l'Université Laval. Sous sa gouverne, l'établissement entreprend une vaste restructuration, implantant notamment un plan triennal innovateur. Il instaure une véritable politique d'aide à la recherche et à la formation des chercheurs, dont les retombées se font sentir dans toute la politique québécoise de recherche. Parallèlement, Jean-Guy Paquet s'engage activement dans la vie de sa région : « Je ne voulais plus que l'université soit considérée comme une tour d'ivoire, mais au contraire qu'elle participe à l'évolution de la région.  »

« Virage des mentalités ou sous-développement tranquille  », voilà le titre pour le moins accrocheur, mais révélateur, de la conférence que Jean-Guy Paquet prononce devant les membres de la Chambre de commerce de Québec en 1983. L'économie de la région ne peut reposer sur la seule fonction publique ou parapublique, il faut prendre le virage de la technologie. Quoiqu'il soit surprenant à l'époque, le message de Jean-Guy Paquet est entendu. Il mobilise les énergies autour de son projet et met sur pied le Groupe d'action pour l'avancement technologique et industriel de la région de Québec (GATIQ), qui réunit des représentants du milieu universitaire, des organismes de recherche gouvernementaux et des entreprises. Quatre institutions qui font aujourd'hui partie des fleurons de la recherche appliquée au Québec voient ainsi le jour : le Centre de recherche sur la valorisation de la biomasse, le Centre francophone en informatisation des organisations, le Parc technologique du Québec métropolitain et l'INO.

De nouveaux défis

Après deux mandats à titre de recteur, Jean-Guy Paquet se cherche un nouveau défi. Pour se familiariser avec le secteur privé, il accepte une offre de la compagnie d'assurances Laurentienne Vie, où il passera sept ans, d'abord au poste de vice-président exécutif, puis comme président. En 1994, il retourne à ses premières amours et devient président de l'INO qu'il dirige depuis d'une main de maître.

Tout au long de sa carrière, l'ancien chercheur a reçu de nombreuses distinctions : docteur honoris causa de l'Université McGill à Montréal, de l'Université York à Toronto et de la Technical University of Nova Scotia, compagnon de l'Ordre du Canada, officier de l'Ordre national du Québec et officier de l'Ordre national du mérite de la République française. L'Ordre des ingénieurs du Québec l'honore par la remise du Grand Prix d'excellence en 1998 et il reçoit également le prix Carrière technologique de l'Association des directeurs de recherche industrielle du Québec en 1999.

Malgré une vie professionnelle bien remplie, le directeur de l'INO, attaché à sa région, trouve aussi le temps de s'engager dans sa communauté où l'on fait appel à lui autant pour son sens pratique et son expertise de gestionnaire que pour sa générosité : « En vieillissant, j'ai réalisé à quel point je suis chanceux, et je crois que l'on doit remettre à la société ce qu'on lui doit. » Président à deux reprises de la campagne Centraide pour la grande région de Québec, membre du conseil d'administration de la maison Michel-Sarrazin, cofondateur de la Fondation de l'Opéra de Québec et de Moisson Québec, ex-président du Musée du Québec, M. Paquet cumule une expérience impressionnante d'actions bénévoles depuis plus de vingt ans. En assistant financièrement les plus démunis et en contribuant à créer des emplois qualifiés en matière de haute technologie, Jean-Guy Paquet réalise finalement son vieux rêve : aider son prochain de manière bien concrète.


Résumé de carrière

1963
Doctorat en génie électrique de l'Université Laval

1967-1969
Directeur du Département de génie électrique de l'Université Laval

1969-1972
Vice-recteur à l'Enseignement et à la Recherche de l'Université Laval

1977-1987
Recteur de l'Université Laval

1982
Doctorat honoris causa (sciences) de l'Université McGill

1983
Doctorat honoris causa (droit) de l'Université York

1984
Officier de l'Ordre du Canada

1987
Doctorat honoris causa (génie) de la Technical University of Nova Scotia

1988-1994
Président de La Laurentienne Vie

1990
Compagnon de l'Ordre du Canada

1992
Officier de l'Ordre national du Québec

1994-
Président-directeur général de l'Institut national d'optique

1998
Grand Prix d'excellence de l'Ordre des ingénieurs du Québec

1999
Prix Carrière technologique de l'Association des directeurs de recherche industrielle du Québec

2000
Prix Armand-Frappier

Armand Frappier
Qui était Armand Frappier ?
 

Date de remise du prix :
7 novembre 2000

Membres du jury :
Bernard Robaire (président)
Louis-Gilles Durand
Michel Duval
Réjean Landry
Christian Mascle


Texte :
Valérie Borde

Mise à jour :
Nathalie Kinnard