Paul-Émile-Borduas
Création de :
Danielle Thibeault

Récipiendaire

Ferron, Marcelle

Prix Paul-Émile-Borduas 1983
Catégorie : Culturelle

Née le 29 janvier 1924
Louiseville
Décédée le 19 novembre 2001
Montréal

Marcelle Ferron - lauréate
Photo : Bernard Vallée

Marcelle Ferron est sûrement une des signataires du Refus global dont l'œuvre est restée le plus fidèle à l'esprit et à la lettre de l'automatisme : « Chaque tableau est un éternel recommencement, ne cesse-t-elle de répéter. Je n'ai rien appris dans la vie, si ce n'est un certain coup de patte… ».

Marcelle Ferron arrive à Montréal au milieu des années quarante, après avoir suivi quelques cours à l'École des beaux-arts de Québec, et fait la rencontre de Borduas à l'École du meuble, ce qui transformera complètement sa vie. Elle vivra à fond toute l'aventure des automatistes jusqu'à l'effritement du groupe, au début des années cinquante.

En 1953, elle s'embarque pour Paris avec ses trois filles. Elle y résidera une douzaine d'années et participera à d'importantes manifestations collectives, notamment à l'Exposition des Surindépendants, en 1956, à quelques Salons des Réalités nouvelles, et à la Biennale de Saõ Paolo, en 1961, où elle est l'une des premières femmes à recevoir la médaille d'argent. Sa période parisienne est lumineuse en regard de la sombre peinture automatiste, et c'est tout naturellement qu'elle s'initie, vers la fin de son séjour à Paris, à l'art du vitrail contemporain avec le maître verrier Michel Blum.

Cette fructueuse collaboration donnera naissance, dès le retour de Ferron au Québec, à la réalisation de verrières monumentales, entre autres, pour les stations de métro Champ-de-Mars (1968) et Vendôme (1980), de même que pour l'église du Sacré-Cœur à Québec (1969), le Palais de justice de Granby (1979), l'Organisation de l'aviation civile internationale à Montréal (Le Miroir aux alouettes, 1975) et l'hôpital Sainte-Justine (Soleil de nuit, 1994) ; autant de travaux qui, en plus de conférer à son aventure une dimension sociale qui lui importe hautement, permettent à Ferron de réaliser de « vieux rêves », comme la quête de la transparence (qui date des premiers tableaux automatistes) et ses envies, jeune fille, de devenir architecte. À propos des rapports, parfois tumultueux entre l'art et l'architecture, Marcelle Ferron répète joliment : « Mon propos a toujours été modeste, je voulais transformer ce mariage de raison en un mariage d'amour… ».

Bien sûr, la peintre n'a jamais cessé pour autant de réaliser des tableaux, « objets de méditation et de rêve », qui entretiennent un dialogue serré avec les verrières, comme en témoignait l'importante rétrospective couvrant 50 ans de peinture que le Musée d'art contemporain de Montréal vient de lui consacrer.


Paul-Émile Borduas
Qui était Paul-Émile Borduas ?
 

Date de remise du prix :
11 octobre 1983

Membres du jury :
Suzanne Joubert (présidente)
Monique Bourbonnais-Ferron
Camille Chevalier
Ulysse Comtois
Christophe Gabriel Lacki



Texte :
Gilles Daigneault