André Brassard, récipiendaire

Naissance le 27 août 1946 à Montréal, décès le à 

Prix remis le 7 novembre 2000

Biographie

« Un artiste doit travailler pour que l’humanité n’ait plus besoin
de lui. » Ainsi parle André Brassard, homme de théâtre.
Cette ambition généreuse, ce désir de contribuer à
changer le monde décrit bien le metteur en scène. Et quand il
ajoute : « Le théâtre, c’est dire non. La différence
entre le bon et le mauvais théâtre, c’est la rage », il donne
toute la mesure de sa pensée sur la place du théâtre dans
la société.
André Brassard n’a attendu ni l’âge ni l’expérience pour
devenir le metteur en scène le plus remarquable de sa génération,
le chef de file, celui qui a donné à la mise en scène au
Québec l’élan nécessaire à la vitalité qui
la distingue désormais. Il a à peine 22 ans en 1968 quand le succès
phénoménal des Belles-Sœurs, de son ami Michel Tremblay,
inscrit son nom au sommet du palmarès du théâtre québécois,
lui apportant une notoriété qui ne se démentira jamais.

De Michel Tremblay à Shakespeare ou Arthur Miller, de Genet, Beckett
ou Tchekhov à Réjean Ducharme, Normand Chaurette, Claude Gauvreau
ou Michel-Marc Bouchard, André Brassard aura touché aux grands
textes du répertoire québécois et étranger avec
le même enthousiasme, la même curiosité, le même désir
d’en faire une lecture neuve, humaine et sans concession, n’hésitant
pas à déstabiliser parfois les comédiens pour trouver l’essence
du texte et du jeu.

Admiré et respecté de ses collègues, de ses élèves
de l’École nationale de théâtre où il a été
directeur artistique de la section française de 1992 à 2000, ainsi
que des comédiens et comédiennes, André Brassard est considéré
comme un mentor exceptionnel. Lui, aime se définir comme celui qui rassemble
les artistes autour d’un projet, qui propose un terrain d’entente sur lequel,
avec les comédiens, il pousse la recherche le plus loin possible. Il
est là pour encourager, provoquer, stimuler et rendre le propos cohérent.
Son rôle se compare à celui de l’archéologue qui ramasse
de petits fragments, de petits objets et qui, patiemment, refait les liens.

Surtout, cet homme dont l’humanité et le courage ne sont plus à
démontrer pense qu’il faut, par l’art, donner à tous le désir
de changer le monde, et il cite avec émotion Albert Camus : « Le
seul pouvoir qu’on a, c’est d’empêcher, de ralentir la destruction du
monde. »

Information complémentaire

Date de remise du prix :
7 novembre 2000

Membres du jury :
Denis Dion (président)
Francine Bernier
Pierre Jobin
Louise Turcot

Crédit photo :
Yves Provencher

Texte :
Janette Biondi et Claude Janelle