Figure emblématique du journalisme au Québec, Céline Galipeau se distingue par sa rigueur et son approche humaine de l’actualité depuis plus de quatre décennies. Au fil de ces années, que ce soit comme correspondante à l’étranger ou chef d’antenne du Téléjournal de Radio-Canada, elle a su développer un lien fort avec le public et démontrer un talent inébranlable à traiter de sujets complexes avec autant de clarté que de profondeur. Officière de l’Ordre national du Québec, récipiendaire de la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale ainsi que lauréate du prix Guy-Mauffette en 2021, elle obtient cette année le non moins prestigieux prix René-Lévesque, créé en 2023, faisant d’elle la toute première femme à remporter 2 Prix du Québec dans l’histoire de ceux-ci. Ce nouvel exploit vient s’ajouter au vaste palmarès des réussites de la journaliste aguerrie dont le parcours continue de briller sans faiblir.
Lorsqu’on lui demande ce que recevoir le prix René-Lévesque représente pour elle, Céline Galipeau répond spontanément : « Je n’y crois pas encore, c’est une immense surprise! ». Puis, elle ajoute : « Au-delà de son legs politique, René Lévesque restera à mes yeux un correspondant de guerre, un journaliste qui a marqué son époque. C’est grâce à lui, debout devant son tableau noir à l’émission Point de mire, que les Québécois et les Québécoises se sont ouverts au monde. Alors, recevoir ce prix me touche profondément. C’est une reconnaissance qui rejaillit sur toute l’équipe du Téléjournal, notamment nos correspondants à l’étranger, qui poursuivent courageusement dans cette voie tracée par monsieur Lévesque. »
C’est en 1984 que Céline Galipeau amorce sa carrière à Radio-Canada comme journaliste. Celle qui a longtemps caressé l’ambition d’occuper un poste de correspondante se verra accorder cette responsabilité, d’abord à Toronto, de 1989 à 1992, puis à Londres, à Moscou, à Paris et à Pékin. Ces différentes affectations l’amèneront à couvrir certains des plus importants conflits de la fin du 20e siècle et du début du 21e, notamment la guerre du Golfe, la guerre civile algérienne ainsi que les guerres de Tchétchénie et du Kosovo. Au cours de ces années, Céline Galipeau réalise aussi plusieurs reportages percutants, entre autres sur les femmes chinoises aux pieds de lotus, les femmes afghanes brûlées vives ou encore les veuves blanches de l’Inde.
De retour au Québec en 2003, la grande reporter obtient le poste de présentatrice de l’édition de la fin de semaine du bulletin de fin de soirée de Radio-Canada, continuant néanmoins d’effectuer des reportages à l’étranger. Il en sera de même lorsqu’elle s’installera aux commandes du Téléjournal en 2009, alors qu’elle deviendra la première femme francophone à occuper un poste de chef d’antenne d’une télévision publique au Canada, fonction qu’elle exerce d’ailleurs toujours avec brio.
« J’ai toujours voulu rapporter l’histoire en train de se faire, qu’elle soit belle ou horrible, mentionne Céline Galipeau. Sur le terrain d’abord, et depuis que je suis à la barre du Téléjournal, mon objectif, c’est de permettre aux téléspectateurs et aux téléspectatrices de mieux comprendre les enjeux, les conflits, de les rendre accessibles et de toucher les gens. »
Dans les dernières années, Céline Galipeau a également été à la barre d’émissions portant sur des enjeux sociaux et mondiaux cruciaux, notamment En direct du monde (2016-2018), Minuit moins une pour la planète (2019), Ces femmes qu’on tue (2020) et Une (autre) vie (2021), sur les conséquences humaines de la pandémie de COVID-19. Animée d’une passion indéfectible pour le reportage sur le terrain, celle qui a vu évoluer le métier de journaliste, en raison non seulement de la circulation toujours plus rapide de l’information, mais aussi des risques accrus pour les reporters en territoire étranger, s’est en outre rendue en Ukraine, en 2022, ainsi qu’en Israël, déterminée à offrir au public une information juste et éclairée sur les conflits qui s’y déroulent.
Estimée tant par ses pairs que par son auditoire, Céline Galipeau a contribué et contribue toujours à hisser la profession de journaliste vers l’excellence, ce qui fait de cette pionnière un véritable modèle pour la relève en journalisme. Sa plus grande fierté? « Sans doute d’avoir réussi, au fil du temps, à établir un lien de confiance avec le public », conclut-elle en espérant « pouvoir continuer longtemps d’aller à la rencontre des gens, d’ici ou d’ailleurs, des hommes et des femmes qui ouvrent la voie aux changements, qui aident à améliorer le sort des populations ».