Félix Leclerc, récipiendaire

Naissance le 2 août 1914 à La Tuque, décès le 8 août 1988 à l'île d'Orléans

Prix remis le 19 décembre 1977

Biographie

Félix Leclerc est sans doute notre première fierté de
Canadiens français. Celui qui portera notre identité outre-mer,
qui chantera notre langue et mettra à mal nos complexes devant les « 
cousins de France ».
De son enfance à La Tuque, au sein d’une famille de onze enfants, il
tire tout le suc du bonheur, un amour de la musique, une inspiration venue de
la nature, des saisons, du pays qu’il porte en lui, et qu’il saura si bien traduire
en mots.

Découvert par la France avant d’être reconnu poète en son
pays, Félix Leclerc, d’abord annonceur et scripteur à la radio,
comédien, auteur, sut séduire, par sa voix et son accent, l’imprésario
français Jacques Canetti. À l’heure où le Québec
se débat toujours dans la pénombre, au cœur de cette époque
si souvent nommée « la grande noirceur », Félix Leclerc,
en 1950, part pour Paris. Il chante des fables dans lesquelles il est question
de l’eau, de la terre et du feu, de bals et de châteaux, de femmes amoureuses
et d’hommes travailleurs. Sa voix nostalgique envoûte, sa poésie
tragique parle au cœur. Son succès est foudroyant et, en 1951, il
reçoit « Le Grand Prix du disque français » avec la
chanson Moi, mes souliers.

Félix Leclerc devient un personnage mythique ; ancêtre de tous
les chansonniers-poètes québécois, il est aussi l’inspiration
de grands auteurs-compositeurs-interprètes qui, comme Brassens et Brel,
proclamèrent lui devoir le courage d’avoir osé se faire entendre.
Tous reconnaissent sa liberté, sa force tranquille, sa parole vraie et
juste. Sensible aux douleurs humaines, philosophe et moraliste, il manie un
humour ironique et raffiné pour pointer du doigt nos faiblesses, nos
lâchetés et nos mesquineries.

Entre 1943 et 1978, Félix Leclerc publie pièces de théâtre,
fables, romans et recueils dont Pieds nus dans l’aube (1946), Moi,
mes souliers
(1955) et Le Petit Livre bleu de Félix (1978).
Récipiendaire de nombreux prix et décorations, géant de
notre histoire collective récente, portant haut le drapeau d’un pays
qu’il veut libre, il exprimera sans ambages sa colère d’après
le référendum.

Malgré la célébrité, l’homme, tel que dépeint
par Doris Lussier, garde sa simplicité : « Il y avait deux Félix.
L’homme public était plein d’une discrète humilité. […]
Sa gloire le gênait. Mais dans l’intimité, loin des feux de la
rampe, il était d’une exubérance, d’une gaieté contagieuse,
d’une poésie délirante. »

La mémoire de Félix Leclerc, assurée par son œuvre,
reste vivante grâce à deux prix Félix-Leclerc (chanson et
poésie) et à la Fondation Félix-Leclerc.

Information complémentaire

Date de remise du prix :
19 décembre 1977

Membres du jury :
Martial Dassylva (président)
Henri Barras
Madeleine Ferron
Gaston Germain
Michèle Rossignol

Crédit photo :
Gérard G. Lederer

Texte :
Janette Biondi