France Gagnon Pratte, récipiendaire

Naissance le 7 février 1929 à Québec, décès le à 

Prix remis le 6 décembre 1997

Biographie

Connu et reconnu non seulement à Québec et au Québec,
mais aussi outre-frontières, comme celui d’une femme ardente et généreuse
à l’esprit fonceur et au leadership incontestable, le nom de France Gagnon-Pratte est aujourd’hui indissociable de tout ce qui touche de près ou
de loin à la sauvegarde et à la protection du patrimoine québécois.

Élue en 1985 à la présidence du Conseil des monuments
et sites du Québec, organisme privé voué à la conservation
et à la mise en valeur du patrimoine québécois, cette battante
pour qui rien n’est impossible prend en charge dès l’année suivante
la revue Continuité, seule publication de langue française en
Amérique du Nord dédiée au patrimoine. Depuis, France Gagnon
Pratte, bénévole et mécène, n’a jamais cessé
de livrer combat sur combat pour protéger tout ce qui contribue à
la beauté et à la richesse de notre milieu de vie, maisons et
bâtiments industriels anciens, parcs et jardins, sites naturels. Plus
encore, pour consolider les assises financières du Conseil, elle crée
en 1997 la Fondation québécoise du patrimoine.

Sauvegarde du Vieux-Port et revitalisation de Place-Royale, à Québec,
sauvetage de l’Hôtel-Dieu, à Montréal, classement du site
de la chute Montmorency, protection du caractère patrimonial des plus
beaux villages du Québec avec, entre autres, le passage sous-fluvial
de la ligne électrique entre Deschambault et Lotbinière, préservation
de la Pointe-aux-Anglais, voisine du parc provincial du Bic, on ne compte plus
les causes soutenues ou suscitées par France Gagnon Pratte. Non seulement
les avis du Conseil sont-ils désormais incontournables au Québec
pour tout ce qui concerne le patrimoine, mais ils sont aussi respectés
et même sollicités à l’étranger.

Issue d’une famille de juristes où l’on était très attaché
aux beautés de Québec, France Gagnon Pratte a appris très
jeune le sens du mot patrimoine. Après l’obtention de baccalauréats
en art et en philosophie à l’Université Laval, elle se consacre
à l’éducation de ses deux filles pendant 18 ans. Après
quoi, elle se réinscrit à Laval en archéologie classique
et en histoire de l’art et obtient une maîtrise dans cette dernière
discipline en 1981.

Grâce à sa notoriété, France Gagnon Pratte peut
non seulement alerter l’opinion publique et tenter d’infléchir le cours
des choses, mais également discuter avec les autorités gouvernementales.
Elle n’hésite d’ailleurs pas à utiliser toutes les tribunes qui
s’offrent à elle pour rappeler à l’État québécois
« qu’il a le devoir de préserver notre patrimoine collectif et
de diriger la pensée sociale vers sa conservation ».

Information complémentaire

Date de remise du prix :
6 décembre 1997

Membres du jury :
Yves Lacourcière (président)
Jacqueline Ascah
Fernand Harvey
Andrée Lapointe
Paul-Louis Martin

Crédit photo :
Marc-André Grenier

Texte :
Julie Stanton et Claude Janelle