Gilles Archambault, récipiendaire

Naissance le 19 septembre 1933 à Montréal, décès le à 

Prix remis le 19 octobre 1981

Biographie

Chroniqueur de jazz, réalisateur et animateur culturel à Radio-Canada,
passionné de littérature internationale, Gilles Archambault est
l’auteur d’une œuvre très personnelle, qui comporte dans sa suprême
discrétion son lot de petites tragédies existentielles, livrées
essentiellement sous les modes du roman et de la nouvelle. Ses centaines de
textes parus dans Liberté, Cité libre, Livres d’ici, L’Actualité,
Maintenant, McClean, La Presse, Le Jour, Le Devoir
, l’ont fait connaître
comme chroniqueur d’humeur et de mœurs, parfois acide et critique, mais
toujours teinté d’humour fin.

Depuis ses premiers romans parus au début des années soixante
jusqu’aux plus récents, Le Tendre Matin (1969), Parlons de
moi
(1970), La Fuite immobile (1974), À voix basse
(1983), Un après-midi de septembre (1993), Un homme plein d’enfance
(1996), Gilles Archambault privilégie le thème de l’individualité,
auquel se rattachent tout naturellement les échos de la solitude et de
la nostalgie, ceux de l’amour, du temps et de l’angoisse. Ses personnages ont
souvent des vies difficiles et des existences médiocres ; mais c’est
à travers le pathétique de ces destinées ordinaires, sans
grand relief, que le romancier fouille à fond la psychologie de l’âme
contemporaine, urbaine et désolée, parfois d’une désespérance
troublante, confrontée aux petites lois, petites mais parfois incendiaires,
du cœur et du travail. Par une extrême attention à la personnalité
intime des êtres que la vie accable et rejette trop facilement au banc
des vaincus, Gilles Archambault sait donner vie à des trajectoires humaines
compromises, sans jamais leur insuffler les illusions d’un bonheur accessible
et facile.

Parfois qualifiés de pâlots par la critique, ses personnages se
sont inscrits avec le temps dans un imaginaire littéraire d’une sensibilité
toute contemporaine : le mal à l’âme que ses héros connaissent
dans leur vie sentimentale ou professionnelle, c’est aussi celui d’une fin de
siècle nord-américaine nourrie à la double source de la
culture européenne et de la fourmillante vie de « consommation ».

Ses nouvelles et ses chroniques logent souvent à l’enseigne de la dérision,
derrière laquelle se cache une tendresse moqueuse où l’écrivain
s’emploie avec un art consommé à traverser le miroir des apparences.
Se prenant souvent à partie dans cette écriture de la confidence
pudique, Gilles Archambault réussit à parler de nous à
travers lui et de lui à travers nous, avec et sans complaisance. La vie
contemporaine, toute québécoise soit-elle, n’est-elle pas faite
de plusieurs apparences et de quelques réalités tangibles ?

Information complémentaire

Date de remise du prix :
19 octobre 1981

Membres du jury :
Jean-Guy Pilon (président)
Paul-André Bourque
Richard Caron
Nicole Deschamps
André Major

Crédit photo :
Daniel Lessard

Texte :
Pierre Filion