Jacques Godbout, récipiendaire

Naissance le 27 novembre 1933 à Montréal, décès le à 

Prix remis le 24 janvier 1985

Biographie

Poète, romancier et cinéaste, Jacques Godbout a participé
aux grandes heures de la modernité littéraire et politique du
Québec. Homme d’intervention, il a été de la fondation
de la revue Liberté en 1958 et a été le premier
président de l’Union des écrivaines et écrivains québécois
(UNEQ) qu’il a contribué à créer en 1977. Il a mené
de front plusieurs carrières, à la radio, sur scène, à
l’écran et dans les pages de son œuvre composite : c’est par la
poésie qu’il vient à l’écriture, par ses recueils Les
Pavés secs
en 1958 et C’est la chaude loi des hommes en 1960.
Il se consacrera surtout au roman par la suite, avec L’Aquarium (1962),
Le Couteau sur la table (1965), Salut Galarneau! (1967), L’Isle
au dragon
(1976), Les Têtes à Papineau (1981), Une
histoire américaine
(1986), Le Temps des Galarneau (1993)
et Opération Rimbaud (1999). Parallèlement il réalisera
des films de fiction et des documentaires, dont Kid Sentiment (1968),
IXE-13 (1971), Deux épisodes de la vie d’Hubert Aquin (1979),
Comme en Californie (1983), Alias Will James (1988), Le Sort
de l’Amérique
(1996) et Anne Hébert (2000). Il a reçu
le prix Duvernay, le prix Belgique-Canada et un Eurofipa d’honneur en 1997 pour
sa cinématographie.

Son roman Salut Galarneau! est rapidement devenu un classique de la
littérature québécoise. Roman collage audacieux et désinvolte,
que le critique Jean Éthier-Blais a qualifié de « profond,
amusant, sérieux, farfelu, tendre, ironique, cruel, civilisé,
vibrant, plein de clins d’œil au lecteur, le sourire aux lèvres
et la fleur au chapeau ». Cette histoire de vendeur de patates frites et
de hot dogs qui écrit des poèmes pour donner un sens à
son monde et son American way of life, il faut la lire au-delà
de la peinture sociale du Québécois né pour un petit pain
mais sauvé par l’écriture.

Il y a chez Godbout un jeu littéraire évident, qui fait coller
son œuvre à la société qu’il observe avec amusement,
et qui propose un bilan moral et politique de l’état du Québec
à chaque étape de ses mutations, maintes fois contradictoires
: l’éveil de la sensibilité québécoise à
la schizophrénie qui, selon lui, caractérise le corps socioculturel
du Québec a engendré chez Godbout une réflexion constante
sur les outils intellectuels, artistiques, politiques et médiatiques
de son développement.

Avec des images-chocs et des propos percutants, il a donné à
son œuvre littéraire une dimension de témoignage perspicace
et d’humour unique. Polémiste ferrailleur, Jacques Godbout est l’un des
plus fins lecteurs de la québécitude, et ses romans en déploient
les aléas, avec une sollicitude américaine non exempte de caricature.

Information complémentaire

Date de remise du prix :
24 septembre 1985

Membres du jury :
Jacques Folch-Ribas (président)
Lise Gauvin
Michèle Lalonde
Adrien Thério

Crédit photo :
Bernard Vallée

Texte :
Pierre Filion