Jacques Hurtubise, récipiendaire

Naissance le 28 février 1939 à Montréal, décès le 27 décembre 2014 à Cap Breton, Nouvelle-Écosse

Prix remis le 7 novembre 2000

Biographie

« Ce que j’ai à dire est sur la toile. » Le peintre
Jacques Hurtubise est un homme paradoxal. Sous l’apparente simplicité
se cache la complexité d’un artiste qui, depuis quatre décennies,
parvient à inscrire sur la toile toutes les pulsions, les violences et
les subtilités des forces vitales, et ce, en contrôlant et en organisant
les « accidents » afin qu’ils expriment ses visions intérieures.
Immergé dans l’art, il repousse sans cesse les frontières de sa
recherche et de son expression, et son œuvre, à la fois brutale
et d’une extrême sensibilité, étourdissante et envoûtante,
reflète une personnalité et une approche de la vie d’une rare
singularité.

Jacques Hurtubise n’attendra pas le diplôme de l’École des beaux-arts
de Montréal, où il s’inscrit à l’âge de 17 ans, pour
exposer. Dès 1957, il participe au Salon du printemps à Montréal.
Il termine ses études en 1960 et, grâce à la bourse Max
Beckmann, part vivre neuf mois à New York. Il s’imprègne de la
peinture américaine, revient à Montréal et peint. Entre
l’influence des automatistes et celle des grands noms américains, il
a trouvé sa propre expression. Il présente sa première
exposition importante en 1961, à la Galerie XII du Musée des beaux-arts
de Montréal. Ensuite il participera à de nombreuses expositions,
tant au Québec qu’ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Au début des années soixante-dix, Jacques Hurtubise présente
sa première grande exposition accompagnée d’un catalogue, d’abord
au Musée du Québec puis au Musée d’art contemporain de
Montréal. Le peintre multiplie les expériences, utilise les couleurs
avec audace, réalise des tableaux lumineux avec néons et lumières
incandescentes. Cependant, il revient vite à la peinture et explore le
noir avec la série célèbre des tableaux blackout
à peine éclairés de touches de couleurs fluorescentes.
Ce sera plus tard la série Zoozoom (1992) qui repousse les limites
de la représentation zoomorphique. Les expositions importantes se succèdent,
dont celle du Musée des beaux-arts de Montréal en 1998 assortie
d’un catalogue, Jacques Hurtubise : quatre décennies image par image.

Tous les matins, dès l’aube, Jacques Hurtubise reprend ses pinceaux,
retrouve la toile et travaille. « Il faut que le tableau soit envoûtant.
On cherche toujours la façon la plus explosive de sortir quelque chose,
de faire sortir la vie du tableau. » Ses œuvres, il les aime ou il
les brûle. Inlassable, il recommence et s’acharne jusqu’à ce qu’il
soit parvenu à exprimer ce qu’il veut. Toute sa vie est habitée
de ce tableau qu’il cherche, qui le hante. Cette obsession du peintre, cette
énergie contenue dans la toile expliquent sans doute l’effet d’envoûtement
que produisent ses œuvres.

Information complémentaire

Date de remise du prix :
7 novembre 2000

Membres du jury :
Yvon Cozic (président)
Mona Hakim
Louise Paillé
Guy Pellerin
Louise Viger

Crédit photo :
Yves Provencher

Texte :
Janette Biondi et Claude Janelle