Jacques Simard, lauréate

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Biographie

Le parcours de Jacques Simard, chercheur exceptionnel et leader innovateur, est plus qu’impressionnant. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en oncogénétique de 2001 à 2022, il a été un réel pionnier de la génomique humaine au Canada. Il a consacré sa carrière à la lutte contre les cancers hormono-sensibles. Sa plus grande fierté, à juste titre, est sa contribution à la découverte du gène de prédisposition aux cancers du sein, de l’ovaire, de la prostate et du pancréas, soit le gène BRCA2, ainsi qu’à la caractérisation des mutations du gène BRCA1, en particulier chez les familles canadiennes au milieu des années 90.

« Cela a été la pierre angulaire pour le développement d’un test génétique qui a permis à des millions de personnes à haut risque et à leurs proches à travers le monde d’être testés pour la présence de mutations dans ces gènes, améliorant ainsi la prévention, la surveillance, la détection précoce et leur prise en charge clinique, conduisant ultimement à une diminution significative de la mortalité due à la maladie. Tout récemment, notre étude de grande envergure a permis d’identifier plusieurs nouveaux gènes de susceptibilité associés au risque de cancer du sein, ce qui permettra d’améliorer la précision de tels tests », explique-t-il.

Grâce à sa détermination et à sa ténacité, un très grand nombre de vies ont été sauvées.

Généreux de son temps, ce chercheur a toujours accordé une grande importance à la communauté universitaire afin d’offrir un milieu et des infrastructures de recherche de calibre mondial. En participant à la formation interdisciplinaire de nombreux étudiants, il a su inspirer une nouvelle génération de scientifiques.

Jacques Simard est l’auteur de plus de 525 publications ainsi que de 600 résumés et détenteur de plusieurs brevets. Les travaux de ce véritable influenceur du monde scientifique ont été cités plus de 45 000 fois et à près de 20 000 reprises depuis 2018. Grâce à ses projets d’envergure, à son dévouement et à son esprit rassembleur, il a été récompensé à maintes occasions. En 1999, il a reçu le prix Richard-E.-Weitzman de l’Endocrine Society puis, en 2006, il a été élu membre de l’Académie canadienne des sciences de la santé. En 2017, le prix Acfas Léo-Pariseau et le titre de Grand Lauréat Le Soleil–Radio-Canada lui ont été décernés. Le Prix scientifique/médical/recherche de la Fondation du cancer du sein du Québec lui a été remis en 2018 de même que la médaille Gloire de l’Escolle des Grands Diplômés de l’Université Laval en 2019. Il a également été intronisé à la prestigieuse Académie des sciences de la Société royale du Canada en 2021 et à l’Académie des Grands Québécois, secteur Sciences, en 2023.

Jacques Simard est présentement vice-doyen à la recherche et à l’innovation de la Faculté de médecine de l’Université Laval, professeur titulaire au Département de médecine moléculaire et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. Depuis 25 ans, il s’est impliqué dans l’organisation stratégique de la recherche en santé de même que le transfert des technologies par sa participation à de nombreux conseils d’administration d’organismes subventionnaires et de comités consultatifs. À cet égard, il occupe d’ailleurs le rôle de président du comité de coordination de la recherche du Réseau québécois de diagnostic moléculaire du ministère de la Santé et des Services sociaux, et il siège au comité d’investissement Innovation et capital de risque du Fonds de solidarité FTQ.

Encore aujourd’hui, Jacques Simard met en œuvre ses talents de chercheur pour cette cause qui lui tient à cœur. « Nous complétons les analyses d’un projet d’envergure afin d’élaborer un cadre de référence pour soutenir la mise en œuvre d’une approche personnalisée de dépistage du cancer du sein fondée sur le risque individuel des femmes afin de générer des données probantes sur la faisabilité, l’acceptabilité, l’adoption et la rentabilité d’une telle approche de dépistage au niveau populationnel. Ce changement de paradigme permettra en particulier de mieux desservir les jeunes femmes qui sont à risque élevé de la maladie et qui échappent présentement au programme de dépistage standard, qui utilise principalement l’âge comme critère d’éligibilité. »

Malgré tous ses accomplissements, Jacques Simard continue son parcours prodigieux avec la même passion qu’à ses débuts. « Tout au long de ma carrière, j’ai eu le privilège de collaborer sur la scène nationale et internationale avec des experts passionnés et partageant une vision commune. » Selon lui, le prix Wilder-Penfield « illustre sans équivoque l’importance du travail d’équipe et la pertinence de mobiliser tous les acteurs dans la transformation des connaissances en actions concrètes pour l’amélioration des approches de prévention, de détection précoce et de traitement du cancer ciblant les personnes les plus susceptibles d’en bénéficier ».

Information complémentaire

Membres du jury :

  • Jean-Pierre Perreault (président)
  • Marc Rivière
  • Carole Jabet
  • Philippe Walker
  • Elizabeth Douville
Crédit photo :
  • Joanie Fortin