Jean Gascon, récipiendaire

Naissance le 21 décembre 1920 à Montréal, décès le 20 avril 1988 à Stratford

Prix remis le 24 janvier 1985

Biographie

Jean Gascon tourne le dos à la médecine au milieu des années
quarante pour se consacrer au métier de comédien qu’il pratique
déjà en amateur chez les Compagnons de Saint-Laurent. Il se rend
étudier à Paris où il fera ses débuts professionnels.
Cette expérience française lui apprend à mettre en valeur
sa voix de basse chaleureuse et colorera son jeu pour le reste de sa carrière.

À son retour au Québec, en 1951, il fonde avec quelques compagnons,
dont Jean-Louis Roux, Éloi de Grandmont et son frère Gabriel,
avec un peu d’argent de poche et l’aide d’amis, le Théâtre du Nouveau
Monde (TNM). Il en est le premier directeur artistique et l’un des principaux
acteurs. Afin d’élargir l’enseignement que l’on dispense déjà
au TNM, Jean Gascon participe à la création, en 1960, de l’École
nationale de théâtre où l’on enseignera aussi bien en anglais
qu’en français. Il en sera le premier directeur général.
Il sera également le premier Canadien à assumer la direction artistique
du Festival de Stratford. Il n’est pas en terrain inconnu. À la fin des
années cinquante, le TNM y avait déjà présenté
trois pièces en français et Jean Gascon y avait lui-même
dirigé deux mises en scène.

En sept ans à Stratford, Jean Gascon dirigera plus de 25 productions
majeures. Il donne à la compagnie une dimension nationale et internationale.
Au début des années soixante-dix, Broadway met à l’affiche
sa production de There’s One in Every Marriage, tandis que The Taming
of the Shrew
est présenté en Europe et en URSS. La compagnie
effectue aussi une tournée en Australie où elle participe au Festival
d’Adélaïde avec le Malade imaginaire.

Lorsqu’il prend la direction artistique du théâtre du Centre national
des arts en 1977, il est une fois de plus le premier à assumer cette
tâche. En anglais comme en français, il y signe la mise en scène
d’une vingtaine d’œuvres. Ce qui ne l’empêche pas de diriger ailleurs
et d’agir comme consultant auprès d’autres troupes ainsi que d’enseigner
et de diriger des opéras.

La mort l’a surpris en plein travail lors des répétitions de
My Fair Lady qu’il dirigeait à Stratford. Robert Lévesque,
critique de théâtre, écrit alors que le milieu théâtral
québécois est unanime à voir en Jean Gascon « la
plus grande figure de l’histoire du théâtre professionnel au Québec
 ». Des collègues, comédiens et metteurs en scène,
l’ont qualifié de « père du théâtre moderne
au Québec ». Jean Gascon était un homme à la personnalité
imposante, à la voix grave et puissante. Comme comédien, son jeu
était physique, souvent audacieux et exubérant. Un homme qui,
selon Jean-Louis Roux, « avait le génie de savoir créer
autour de lui des noyaux de gens à qui il inspirait la ferveur ».

Information complémentaire

Date de remise du prix :
24 septembre 1985

Membres du jury :
Fernand Nault (président)
Louise Marleau
Nathalie Naubert
André Prévost
Jacqueline Richard

Crédit photo :
Bernard Vallée

Texte :
Gaëtan Lemay