Jean-Marc Fontan, lauréate

Biographie

Jean-Marc Fontan est un sociologue engagé et un pionnier de la recherche partenariale au Québec. Professeur en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis 1994, il a consacré sa carrière à bâtir des ponts entre le monde universitaire et les communautés, redéfinissant le rôle du chercheur comme acteur de changement social. Codirecteur du Réseau PhiLab, directeur de la collection Innovation sociale des Presses de l’Université du Québec, il a mis sur pied le premier dispositif québécois de recherche-intervention universitaire hors les murs : l’Incubateur universitaire Parole d’excluEs. Il valorise une approche scientifique où la recherche s’allie à l’action concrète pour répondre aux défis sociaux contemporains.

« Recevoir le prix Marie-Andrée-Bertrand est une reconnaissance publique du travail réalisé par les idéatrices et idéateurs du développement local afin de sortir des sentiers battus et d’ouvrir le champ des possibles. Ce prix reconnaît le leadership exercé par l’UQAM et le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) dans le développement de connaissances critiques au service du bien-être des collectivités et des territoires. Il valide la pertinence de modalités de croisement des savoirs visant des changements significatifs aux niveaux individuel, collectif, organisationnel ou institutionnel.»

Titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en anthropologie de l’Université de Montréal, il a poursuivi des études post-maîtrise en économie à Osaka, au Japon, avant d’obtenir son doctorat en sociologie à l’Université de Montréal. Cette formation multidisciplinaire lui a permis de développer une approche intégrée combinant sociologie économique, économie sociale, innovation sociale, philanthropie, développement territorial et théorie critique. Dès le début des années 1990, il a fait le choix de la recherche partenariale visant à coconstruire le savoir avec les personnes qui sont sur le terrain.

Son parcours se distingue par une série de réalisations majeures. Il a contribué à structurer le champ de l’économie sociale au Québec, notamment à travers le Consortium de recherche partenariale en économie sociale, projet qui a jeté les bases théoriques et accompagné la structuration du secteur. Il a participé au développement du CRISES et, plus tard, à la création de PhiLab, un réseau consacré à l’étude de la philanthropie et du rôle des fondations subventionnaires dans le changement social. À travers ces initiatives, il a favorisé la création de modèles méthodologiques de recherche collaborative, transdisciplinaire et critique, repris par des universitaires du Québec et d’ailleurs.

Jean-Marc Fontan a également innové par son engagement direct sur le terrain. Avec l’Incubateur universitaire Parole d’excluEs à Montréal-Nord, il a mis en place un modèle de recherche-action hors les murs pour lutter contre l’exclusion socioéconomique par la revitalisation territoriale. Ses travaux ont engendré des répercussions concrètesen matière de mobilisation des savoirs citoyens, de développement de politiques publiques, de réduction de l’exclusion, de veille et de transfert en évaluation de projets et en développement de communautés marginalisées. Ses publications et la direction de la collection Innovation sociale des PUQ ont légitimé l’innovation sociale comme champ de recherche universitaire et outil d’intervention publique.

Jean-Marc Fontan se dit profondément fier d’avoir accompagné « par la recherche, la formation et l’accompagnement universitaire, des initiatives locales innovantes mises en place par des spécialistes et la population, afin de revitaliser des territoires orphelins du développement. Cette implication, fondée sur la mobilisation de savoirs théoriques et pratiques, l’écoute et l’apprentissage conjoint, [lui] a permis de soutenir, avec des collègues du milieu universitaire, des innovations sociales dans différents secteurs et milieux: public, communautaire, syndical, de l’économie sociale et solidaire et philanthropique.»

Son engagement se manifeste également par la formation et le mentorat: il a formé de nombreuses cohortes d’étudiantes et d’étudiants aux cycles supérieurs, favorisant leur intégration à des projets de recherche appliquée et leur inscription dans la relève universitaire et communautaire. Son approche interdisciplinaire, son humilité, sa rigueur méthodologique et son leadership rassembleur ont inspiré tant ses collègues que la relève étudiante.

Pour lui, la recherche partenariale reste un idéal à poursuivre. Comme il le dit: «Au début de ma carrière, mon idéal était de contribuer, tant par le développement de nouvelles connaissances, la formation universitaire que le travail collaboratif, à l’établissement d’une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique et plus écologique. Cet objectif n’est pas atteint et demeure d’actualité. Aujourd’hui, un regard rétrospectif sur ma carrière m’indique que cet idéal doit s’inscrire dans la modestie où les petits progrès, auxquels j’ai contribué à ma façon et en équipe, représentent de modestes apports indispensables à la poursuite et à l’atteinte de ce grand rêve.»

Aujourd’hui, Jean-Marc Fontan poursuit son travail au sein de PhiLab, de l’UQAM et de comités stratégiques, consolidant un héritage où la recherche et l’action sociale se conjuguent pour bâtir des sociétés plus inclusives, solidaires et écologiques.

Information complémentaire

Membres du jury :

  • Mme Tania Saba, Présidente
  • Mme Marie-Christine Ladouceur-Girard
  • Mme Tanya Sirois
  • Mme Marie-Josée Paquette
  • Mme Nathalie Guay
Crédit photo :
  • Mélissa Vincelli