Jean-Paul Riopelle, récipiendaire

Naissance le 7 octobre 1923 à Montréal, décès le 12 mars 2002 à L'Isle-aux-Grues

Prix remis le 19 octobre 1981

Biographie

Notre peintre le plus « international » ne reçoit le prix Paul-Émile-Borduas qu’en 1981 et, comme cela se produira pour Pellan trois ans plus tard, on s’étonne du temps que les jurys successifs mettent à reconnaître son apport exceptionnel à l’histoire de la peinture moderne. En effet, Jean-Paul Riopelle est un géant, et on admet aujourd’hui que ses grandes toiles des années cinquante écrivaient littéralement l’histoire de l’art, en même temps que celles d’autres peintres américains (car il est de plus en plus évident que la France de l’après-guerre qui adopte « le Canadien » pressent aussi chez lui toute la démesure et l’innovation de l’École de New York).

Riopelle sera aussi le premier signataire du Refus global à recevoir le prix. Comme plusieurs des automatistes, il aura connu Borduas à l’École du meuble où il s’était retrouvé à la suite d’un bref – et décevant ! – passage par l’École des beaux-arts. Il commence à exposer avec le groupe en 1946, la même année où il s’embarque pour Paris, comme palefrenier sur un navire chargé de chevaux, et où il fait un séjour à New York. Dès l’année suivante, il s’installe à Paris où il s’impose rapidement, contrairement à ce qui se passe pour les autres automatistes
dont il était un peu chargé de promouvoir le travail.

Riopelle y tient sa première exposition personnelle en 1948 et, au début des années cinquante, le réputé galeriste Pierre Loeb achète la totalité de sa production, en plus de lui faire rencontrer Breton. Comme l’avait fait Pellan une vingtaine d’années plus tôt – et grâce à son amitié avec l’historien d’art Georges Duthuit –, il fait connaissance avec tout ce qui compte à Paris en peinture (Sam Francis, Mathieu, Nicolas de Staël…) et, parfois aussi, en littérature (Artaud, Beckett, Aimé Césaire…). Il est bientôt représenté par les galeries Maeght, à Paris, et Pierre Matisse, à New York, et considéré comme l’un des ténors de l’École de Paris : il exposera une bonne centaine de fois dans les plus prestigieuses galeries européennes et ses œuvres figurent dans les collections de pratiquement tous les grands musées du monde.

En 1955, Jean-Paul Riopelle reçoit une mention honorable à la Biennale de Sao Paolo et, en 1962, un prix à la Biennale de Venise. Les rétrospectives consacrées à son travail ne se comptent plus, la plus importante ayant été organisée par le Centre Georges-Pompidou, en 1981, et ayant transité par Mexico, Caracas et Québec avant d’arriver, l’année suivante, au Musée d’art contemporain de Montréal.

Information complémentaire

Date de remise du prix :
19 octobre 1981

Membres du jury :
Gilles Corbeil (président)
Georges Delrue
Maurice Savoie
Gilles Toupin
Yves Trudeau

Crédit photo :
Basil Zarov

Texte :
Gilles Daigneault