Julien Hébert, récipiendaire

Naissance le 19 août 1917 à Rigaud, décès le 24 mai 1994 à Montréal

Prix remis le 16 octobre 1979

Biographie

Cette année-là, le jury qui choisit Julien Hébert vient
opportunément rappeler l’ampleur du territoire couvert par le lauréat
du prix Paul-Émile-Borduas : il s’aventure à l’extérieur
de la peinture et de la sculpture, des « beaux-arts »
au sens strict, et il faudra attendre une douzaine d’années avant que
la chose ne se reproduise.

De toute manière, le lauréat de 1979 est passé par l’École
des beaux-arts de Montréal, il a même étudié la sculpture,
au cours de l’année 1947-1948, à l’atelier d’Ossip Zadkine, à
Paris. Par ailleurs, il est titulaire d’une licence en philosophie, d’où
peut-être une sagesse toute médiévale dans sa pensée
: « L’utilité d’un objet ne diminuait pas sa qualité
d’œuvre d’art à mes yeux, tandis que la forme de l’objet utile me
semblait mériter sa splendeur. » Cela dit, Julien Hébert
fut surtout un pionnier de la pratique et de l’enseignement du design industriel,
et sa carrière, comme l’écrit Jean-Claude Marsan, « se
confond avec le développement de cette discipline au Québec, auquel
il contribua plus que tout autre, même s’il se refuse par modestie à
l’admettre ».

Hébert a d’abord enseigné l’histoire de l’art et la sculpture
à l’École des beaux-arts, puis l’aménagement et le design
à l’École du meuble, avant de devenir professeur agrégé
à l’École de design industriel de l’Université de Montréal,
qu’il avait largement contribué à faire naître. Autant de
fonctions qui ne l’ont jamais empêché de poursuivre ses recherches
personnelles et d’accumuler prix et distinctions, tant au pays qu’à l’étranger.

L’activité de Julien Hébert s’est exercée dans toutes
les directions, ce qui est dans l’ordre des choses puisque, comme l’écrit
encore Jean-Claude Marsan, le designer « n’est pas un artiste comme
les autres. Sa discipline n’a rien à voir avec l’ego et les états
d’âme ; il n’exprime pas son moi et cherche ni à se libérer
ni à convaincre. Il répond essentiellement aux besoins des autres. »
De là, le fait que la plupart des gens ont vu des œuvres de Julien
Hébert sans le savoir ; qu’il s’agisse des symboles pour Expo 67 ou pour
le Collège du Vieux-Montréal, du revêtement des murs de
la salle Wilfrid-Pelletier ou du plafond de la salle d’opéra du Centre
national des arts, d’un timbre pour le ministère des Postes ou d’un orgue
pour la firme Casavant, des modèles de vaisselle pour les restaurants
d’Expo 67 ou de l’aménagement des pavillons du Québec et du Canada
pour l’exposition d’Osaka, en 1970…

Information complémentaire

Date de remise du prix :
16 octobre 1979

Membres du jury :
Jean-Claude Marsan (président)
Thérèse Brassard
René Derouin
Laurent Lamy
René Viau

Crédit photo :
Éditeur officiel du Québec

Texte :
Gilles Daigneault