Louis Berlinguet, récipiendaire

Chimiste

Naissance le 20 juin 1926 à Trois-Rivières, décès le 21 janvier 2018 à Montréal

Prix remis le 3 décembre 1995

Biographie

Très peu de scientifiques ont consacré autant d’énergie et de ferveur à la promotion de la science et de la technologie au sein de notre société que le professeur Louis Berlinguet.

Né à Trois-Rivières, Louis Berlinguet fait ses études
à l’Université de Montréal où il obtient un baccalauréat
en chimie en 1947, puis un doctorat en chimie de l’Université Laval en
1950. Après des travaux de recherche à Chicago, Bethesda et Londres,
il enseigne la biochimie à la Faculté de médecine de l’Université
Laval. En 1963, il devient directeur du Département de biochimie de la
même université puis, en 1967, la Faculté de médecine
le nomme vice-doyen à la recherche, charge dévolue, pour la première
fois au Québec, à un non-médecin.

Au cours de ses recherches, Louis Berlinguet s’intéresse principalement
à la synthèse d’acides aminés, à la chimiothérapie
du cancer, à la chimie et biochimie des protéines et des peptides
ainsi qu’au métabolisme des acides aminés et de leurs dérivés.
Il signe plus d’une centaine d’articles scientifiques dans des revues spécialisées
et dirige plusieurs étudiants de troisième cycle. À la
fois visionnaire, organisateur et bâtisseur, Louis Berlinguet quitte l’Université
Laval en 1969 pour participer à la création du réseau de
l’Université du Québec, dont il devient le premier vice-président
à la recherche. Il est ensuite le premier président de l’Institut
national de la recherche scientifique (INRS). S’engageant à fond dans
la mise sur pied des centres INRS-Eau et INRS-Énergie, il joue également
un rôle déterminant dans l’intégration de l’Institut Armand-Frappier
au réseau de l’Université du Québec.

L’homme aux nombreux talents

Depuis le début de sa carrière, Louis Berlinguet cumule plusieurs
fonctions mettant à contribution sa solide formation scientifique et
son sens inné de l’organisation. Par exemple, en 1969, il accepte la
présidence de l’Association canadienne-française pour l’avancement
des sciences (ACFAS). De 1976 à 1980, à Ottawa, il assume les
fonctions de premier vice-président du Centre de recherche pour le développement
international (CRDI). Il devient ensuite conseiller scientifique à l’Ambassade
du Canada à Paris (1980-1983) puis, de 1983 à 1985, sous-ministre
et premier conseiller scientifique du gouvernement canadien à Ottawa.
Parallèlement à ces activités, Louis Berlinguet préside
le Conseil de la politique scientifique du Québec (de 1975 à 1978)
et porte les titres de conseiller auprès des Nations Unies et de vice-président
du Comité consultatif des Nations Unies pour l’application des sciences
et de la technologie (1978-1980). Convaincu du rôle de la science et de
la technologie pour le développement du tiers-monde (il est un des créateurs
du CRDI), il participe aux travaux des comités de l’Agence de coopération
culturelle et technique (Paris), il préside le Commonwealth Science Council
(Londres) et il siège aux conseils de l’International Foundation for
Science (Stockholm), du Bostid (Washington) et du Conseil international des
unions scientifiques (Paris).

En 1985, Louis Berlinguet accepte le poste de directeur général
à l’Institut de recherche en santé et en sécurité
du travail (IRSST) jusqu’en 1990, alors qu’il devient président du Conseil
de la science et de la technologie du Québec (de 1990 à 1998).
Plus récemment, il est conseiller spécial du ministre Rochon pour
la rédaction de la politique scientifique du Québec (1999-2001).
Il préside actuellement le conseil d’administration du Centre de recherche
en calcul appliqué (CERCA) et il siège à plusieurs comités
pour le développement et la promotion de la science et de la technologie.

Outre les hautes charges officielles qui lui sont confiées au Québec,
au Canada et à l’étranger, Louis Berlinguet contribue personnellement
à l’élaboration des politiques scientifiques du Québec
et du Canada. Dans ces fonctions, il prépare l’entente de collaboration
scientifique entre la Grande-Bretagne et le Canada et travaille à la
coordination des dossiers de l’espace TEL-SAT, Canada-NASA, sans oublier l’accord
conclu au début des années 80 entre le Québec et le Canada
concernant les dossiers scientifiques et technologiques. À titre de sous-ministre
à Ottawa, il joue un rôle important dans l’établissement
à Québec de l’Institut national d’optique (INO). Il est aussi
membre de deux sous-commissions à la recherche scientifique et technologique
: France-Québec (1970-1976) et Belgique-Canada (1971).

On récolte ce que l’on sème

Depuis le premier prix David qu’il remporte conjointement avec les docteurs
Roger Gaudry (son directeur de thèse) et Guy Nadeau, en 1951, le professeur
Louis Berlinguet sera plusieurs fois honoré par des institutions d’ici
et d’ailleurs : officier de l’Ordre du Canada, officier et ancien président
de l’Ordre national du Québec, officier des Palmes académiques
(France), membre de la Société royale du Canada et membre émérite
de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences
(ACFAS). Il reçoit également trois doctorats honoris causaoctroyés
par l’Université du Québec (INRS, 1979), l’Université de
Sherbrooke (1984) et l’Université de Montréal (École polytechnique,
1996). En 1981, il devient le premier titulaire du prix Jacques-Rousseau de
l’ACFAS, pour l’interdisciplinarité. En 1992, l’Ordre des chimistes du
Québec le fait compagnon de Lavoisier. Enfin, l’Association des directeurs
de la recherche industrielle du Québec (ADRIQ) lui décerne le
prix Carrière, alors que l’Association canadienne de la gestion de la
recherche (aujourd’hui dénommée l’Association canadienne de la
gestion de l’innovation (ACGI) ) lui remet son prix annuel et l’Association
des professeurs de science du Québec le nomme membre honoraire.

La carrière de Louis Berlinguet, ce « bâtisseur par excellence
 », se distingue sans contredit par une suite ininterrompue de réalisations
concrètes qui font la fierté de ses concitoyens et rehaussent
aux yeux du monde le prestige du Québec en matière de science
et de technologie.

Résumé de la carrière de Louis Berlinguet

1950
Doctorat en chimie de l'Université Laval

1951
Premier lauréat du prix David

1963
Directeur du Département de biochimie de l'Université Laval

1967
Vice-doyen à la recherche de la Faculté de médecine de l'Université Laval

1969
Président de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences

1975-1978
Président du Conseil de la politique scientifique du Québec

1979
Doctorat honoris causa de l'Université du Québec

1981
Premier lauréat du prix Jacques-Rousseau de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences

1984
Doctorat honoris causa de l'Université de Sherbrooke

1985-1990
Directeur général de l'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail

1990-1998
Président du Conseil de la science et de la technologie du Québec

1995
Prix Armand-Frappier

1996
Doctorat honoris causa de l'Université de Montréal

2001-
Président du Centre de recherche en calcul appliqué

Information complémentaire

Date de remise du prix :
3 décembre 1995

Membres du jury :
Céline Saint-Pierre (présidente)
Maurice Brossard
Bernard Coupal
Maurice L'Abbé
Charles Terreault

Crédit photo :
Marc-André Grenier

Texte :
Alix Renaud

Mise à jour : Nathalie Kinnard