Martine Époque, récipiendaire

Naissance le 30 avril 1942 à Six-Fours-les-Plages (France), décès le 18 janvier 2018 à 

Prix remis le 23 novembre 1994

Biographie

Martine Époque n’a pas choisi la danse, c’est la danse qui l’a choisie.
Elle n’a pas choisi le Québec, c’est le Québec qui l’a choisie.
En 1965, lorsque l’Université de Montréal lui offre en échange
d’un contrat d’enseignement de deux ans une bourse pour terminer ses études
spécialisées à l’Institut Jaques-Dalcroze de Genève,
on est loin d’estimer l’influence qu’elle aura sur l’évolution de la
danse moderne au Québec.

À l’Université de Montréal, elle a pour tâche de
créer des cours de danse et de rythmique pour le baccalauréat
en éducation physique. C’est là que, dès 1968, elle fonde
avec Rose-Marie Lèbe le Groupe Nouvelle Aire, compagnie de danse contemporaine
pour laquelle elle met aussi au point une technique pour la formation des interprètes.
Au fil des ans, Nouvelle Aire fait des petits. Pensons aux chorégraphes
et aux interprètes professionnels qui en sont issus, dont Édouard
Lock, Louise Lecavalier, Ginette Laurin, Paul-André Fortier, Daniel Léveillé
et Louise Bédard ; à l’École Nouvelle Aire qui a grandement
contribué à ouvrir le domaine de la danse moderne aux enfants,
aux adolescents et aux adultes ; aux Choréchanges qui ont donné
au public des outils pour « lire la danse » et l’ont mis en contact
avec des compagnies et des danseurs canadiens et étrangers.

En 1980, Martine Époque entre comme professeur à l’Université
du Québec à Montréal (UQAM) où elle va amorcer et
contribuer à mener à terme de grands projets : création
du Département de danse en 1985 ; développement du programme de
maîtrise en danse implanté en 1993 ; création de l’Agora
de la danse, cet espace montréalais de production et de diffusion en
danse contemporaine qui, depuis 1991, s’est rapidement imposé sur la
scène nationale et internationale ; création en 1998 de la Passerelle
840, un laboratoire-galerie de recherche et de création chorégraphiques
destiné aux étudiants des trois cycles d’études en danse.

Chorégraphe prolifique dont les œuvres connaissent une diffusion
internationale, lauréate du prix Clifford E. Lee 1983, Martine Époque
se transforme en écrivain l’espace d’un livre, Les Coulisses de la
nouvelle danse au Québec : le Groupe Nouvelle Aire en mémoires
(1968-1982
), publié en 1999. Cette même année, elle
fonde le Laboratoire d’applications et de recherches en technochorégraphie
(LARTech), un regroupement pluridisciplinaire de chercheurs et de créateurs
dans lequel elle poursuit ses recherches en danse et technologies, notamment
avec la mise au point d’un premier logiciel de traitement de geste pour
la danse.

Information complémentaire

Date de remise du prix :
23 novembre 1994

Membres du jury :
Maryvonne Kendergi (présidente)
Aline Gélinas
Andrée Lachapelle
Robert Leroux

Crédit photo :
François Brunelle

Texte :
Gaëtan Lemay