Reconnu pour ses recherches environnementales innovantes, Mathieu Lapointe est à l’origine de plusieurs avancées scientifiques dans le domaine de la protection des eaux. Professeur et chercheur à l’École de technologie supérieure (ÉTS), il veille à préserver les ressources hydriques du Québec et à renforcer la résilience environnementale. Il est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la protection des eaux et de la Chaire en traitement des eaux de l’ÉTS, cotitulaire de la Chaire FRQ-AdapT pour la gestion des eaux de ruissellement ainsi que directeur et fondateur du Laboratoire de génie des eaux à l’ÉTS. Ses travaux de recherche font du traitement des eaux une priorité pour la santé, le climat et la biodiversité. Ils sont soutenus par trois ministères au Québec de même que plusieurs villes et entreprises, bénéficiant de subventions qui totalisent plus de 7 millions de dollars.
Après l’obtention de son doctorat en génie civil et de l’environnement à Polytechnique Montréal en 2018, M. Lapointe a poursuivi ses recherches postdoctorales en génie chimique à l’Université McGill jusqu’en 2022. Il a développé des approches intégrées combinant de nouveaux matériaux avancés, des procédés ultraperformants et des stratégies d’implantation réalistes, qui ont fait l’objet de publications dans la prestigieuse revue Nature Sustainability.
Le chercheur se distingue par sa capacité à proposer des solutions non seulement théoriques, mais aussi concrètes. Ses travaux ont aidé à augmenter considérablement le taux d’enlèvement des contaminants éternels (PFAS), des microplastiques et des nanoplastiques, sans investissements majeurs en infrastructures. Grâce à cette approche, les municipalités peuvent améliorer leur performance environnementale tout en respectant leurs contraintes budgétaires.
Entre autres réalisations, M. Lapointe a développé une méthode pour quantifier les nanoplastiques dans les eaux usées et traitées, une première à l’échelle mondiale. Cette avancée a permis au Québec d’être parmi les pionniers de la gestion des contaminants. Ses travaux ont d’ailleurs été publiés dans la prestigieuse revue Nature Water. Le scientifique a aussi contribué au développement de la filtration granulaire – une technologie employée pour produire 75 % de l’eau potable au Québec – en créant des médias filtrants perfectionnés qui améliorent la qualité et la sécurité de cette ressource. Sa technologie, brevetée à l’ÉTS en 2025, est mise à la disposition de plusieurs villes et partenaires industriels majeurs au Québec et ailleurs dans le monde.
Ses travaux favorisent également la lutte contre l’une des principales sources de contamination de l’eau au Québec : les eaux agricoles. Il a mis au point de nouvelles technologies peu coûteuses pour les filtrer, une première au Québec. Ses recherches ont mené à la conception d’unités de stockage ultraporeuses à base de verre recyclé modifié chimiquement, permettant à la fois de réduire les inondations en milieu urbain et d’intercepter les contaminants émergents avant leur rejet dans les milieux naturels.
Lapointe est également récipiendaire de 42 distinctions soulignant la qualité de ses travaux et leur pertinence pour la société québécoise. Il a notamment été récompensé par le Prix d’excellence de la relève de l’Université du Québec, deux prix Honoris Genius de l’Ordre des ingénieurs du Québec dans les catégories Développement durable et Relève ainsi que le prix Mitacs pour innovation exceptionnelle. Le prix Hubert-Reeves représente pour lui une belle reconnaissance et une occasion en or de parler d’environnement au Québec. « Comme d’autres chercheurs, ajoute-t-il, je ressens aussi une certaine responsabilité d’obtenir de nouvelles solutions rapidement et des retombées concrètes pour l’environnement. Le temps presse! »
De plus, le professeur accorde beaucoup d’importance à la formation de la relève. Son groupe de recherche à l’ÉTS compte une trentaine de membres actifs. Depuis 2021, il a supervisé plus de 60 étudiantes et étudiants, dont plusieurs occupent un poste contribuant directement à l’amélioration des pratiques de gestion des eaux au Québec. « Ce qui me rend réellement fier, c’est assurément la formation de nouveaux ingénieurs et chercheurs dans le domaine de l’eau. Parvenir à leur faire comprendre l’importance du génie de l’environnement et à leur transmettre ma passion, c’est ce qui est le plus marquant pour moi. » Il a aussi développé un cours consacré aux étudiants aux cycles supérieurs et aux ingénieurs en exercice, leur permettant de faire fonctionner des usines de traitement en intégrant les enjeux liés aux contaminants émergents. À L’ÉTS, il travaille activement à la création d’un nouveau baccalauréat en génie de l’environnement, prévu pour 2029. Toutes ces contributions offrent un large soutien aux municipalités du Québec et les aideront à relever les défis en matière de qualité de l’eau au cours des décennies à venir.
Les recherches de M. Lapointe ont également été mentionnées dans plus de 50 interventions médiatiques. Cette visibilité donne l’occasion de sensibiliser la population québécoise à la problématique des PFAS, des microplastiques et des nanoplastiques ainsi qu’aux limites des infrastructures actuelles de traitement des eaux. Son objectif n’est pas uniquement de transmettre le résultat de ses recherches, mais aussi de vulgariser les enjeux techniques qui influencent la santé des écosystèmes et la qualité de l’eau potable.
Depuis 2021, il a collaboré avec plus de 60 municipalités et entreprises à travers le Québec. Il a fait partie de divers regroupements professionnels et scientifiques, comme le Réseau Environnement, l’American Water Works Association et le Centre québécois sur les matériaux fonctionnels. De plus, il détient plusieurs brevets et a publié plus de 40 articles scientifiques dans des revues de très haut niveau. Son expertise lui a permis de faire des présentations à l’occasion de 60 conférences scientifiques et plus de 150 activités de transfert de technologie auprès de partenaires municipaux et industriels au Québec, en Amérique du Nord et en Europe. Figure très engagée, il participe régulièrement à des ateliers et à des événements destinés aux municipalités pour expliquer l’impact des contaminants et présenter les solutions technologiques disponibles.
Les recherches de Mathieu Lapointe transforment les pratiques de gestion des eaux. Par ses contributions technologiques indispensables, il aide à résoudre les défis posés par les contaminants émergeant au Québec et ailleurs dans le monde.