Michel Boivin, lauréate

Biographie

Professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l’enfant de 2004 à 2025 à l’École de psychologie de l’Université Laval, Michel Boivin se démarque par ses recherches novatrices sur le développement de l’enfant. Son approche interdisciplinaire s’appuie sur le suivi longitudinal de grandes cohortes d’enfants et vise à comprendre comment les facteurs environnementaux et génétiques se combinent dès les premières années de vie pour orienter les trajectoires de développement sur les plans affectif, cognitif et social.

Après avoir obtenu un doctorat en psychologie à l’Université Laval, M. Boivin poursuit sa formation avec des stages postdoctoraux à l’Université du Colorado et à l’Université Vanderbilt. À son retour au Québec, il entreprend une carrière universitaire remarquable qui lui permettra de réaliser plusieurs avancées importantes.

Il a notamment été parmi les premiers chercheurs à s’intéresser aux causes et aux conséquences du rejet et de la victimisation par les pairs durant l’enfance. Il a démontré que les premières années de vie jouent un rôle clé dans les trajectoires de développement, et que les interactions entre les caractéristiques individuelles de l’enfant et ses environnements familial, scolaire et social sont essentielles pour comprendre son parcours.

Pour arriver à ces constats, M. Boivin s’est donné comme mandat de suivre le développement d’enfants, dès leurs premières années de vie, et d’évaluer les déterminants génétiques et environnementaux. Il a été un pionnier des études mesurant les caractéristiques biologiques et l’environnement des individus sur une longue période. Il codirige depuis trente ans l’Étude des jumeaux nouveau-nés du Québec, qui suit plus de 1 200 enfants depuis leur naissance. Cette étude lui a permis d’exposer la synergie entre les gènes et l’environnement dans l’émergence de différences individuelles précoces et persistantes sur une variété de traits complexes, notamment l’attention, les comportements sociaux et les habiletés cognitives.

Malgré les avancées importantes des dernières années, beaucoup reste encore à faire, selon lui. « Il est difficile d’envisager la fin de la recherche en développement humain. Nos outils de recherche sont de plus en plus raffinés et ouvrent de nouveaux horizons sur le plan des connaissances. Les récents progrès en génétique humaine et surtout l’étendue des suivis longitudinaux des cohortes québécoises nous permettent maintenant de documenter de façon inégalée la transmission intergénérationnelle de plusieurs dimensions du capital humain et du bien-être. »

M. Boivin se distingue également par un engagement exceptionnel dans la mobilisation des connaissances sur le développement du jeune enfant. Il est directeur de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants (EDJE), une source d’information unique, actuelle et accessible gratuitement en ligne. Depuis vingt ans, elle mobilise les meilleurs experts internationaux pour produire des synthèses rigoureuses sur des thèmes clés. Plus de 500 synthèses ont d’ailleurs été publiées, puis adaptées en bulletins thématiques et feuillets d’information destinés à divers publics. L’EDJE constitue aujourd’hui l’une des initiatives de diffusion des connaissances les plus influentes dans le domaine de la petite enfance.

Le professeur, qui a accompagné 84 personnes aux études supérieures, souligne avec fierté son apport en matière de formation de la relève. Par son implication, il souhaite leur transmettre le sens de la rigueur, de la collaboration interdisciplinaire et de la responsabilité sociale, des qualités primordiales pour la recherche sur le développement des enfants. « Au-delà des contributions scientifiques, de leur rayonnement et de la mise en place d’infrastructures de recherche conséquentes, ce qui me donne le plus de satisfaction est d’avoir contribué au fil des ans à former une nouvelle génération de chercheurs à la recherche interdisciplinaire en développement de l’enfant et de les voir se déployer avec succès sur la scène nationale et internationale. »

Ses travaux sur le développement humain sont parmi les plus cités dans le monde et exercent une influence marquante qui traverse les années. Il a présenté plus de 500 communications scientifiques à l’international en plus de publier trois livres et plus de 430 articles. Ses réalisations ont été saluées par de nombreuses distinctions, dont le prix Adrien-Pinard de la Société québécoise pour la recherche en psychologie en 2009, le prix Thérèse-Gouin-Décarie de l’Acfas en 2020 et la médaille Innis-Gérin 2026 de la Société royale du Canada, dont il est membre depuis 2009.

Pour l’ensemble de son œuvre scientifique, pour sa contribution au mieux-être des enfants et de la collectivité et pour son influence durable sur les connaissances dans ce domaine, il mérite pleinement le prix Léon-Gérin, qu’il accepte avec « fierté, gratitude et espoir ».

 

Information complémentaire

Membres du jury :

  • Mme Julie Lemieux, présidente
  • M. Gérard Boismenu
  • Mme Monique Brodeur
  • Mme Marie Lagacé
  • M. Robert Laplante
Crédit photo :
  • Mélissa Vincelli