Nathalie Tufenkji, professeure et titulaire d’une chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les biocolloïdes et les surfaces à l’Université McGill, est reconnue mondialement pour ses contributions en ingénierie environnementale. Ses recherches innovantes dans les domaines de la pollution plastique, de la nanotechnologie environnementale et des matériaux antimicrobiens ont permis de soulever d’importantes problématiques liées à l’environnement et à la santé publique.
Diplômée de McGill et Yale en génie chimique, Mme Tufenkji a mis au point des technologies durables permettant de contrôler la diffusion des contaminants nocifs, de traiter l’eau, de développer des méthodes avancées pour la détection et l’identification de la contamination par les plastiques ainsi que de caractériser le transport et la toxicité des microplastiques dans les environnements naturels. Parmi ses réalisations les plus marquantes figure son modèle de filtration largement cité. Cette contribution est devenue une pierre angulaire de l’enseignement de l’ingénierie environnementale à travers le monde et s’est méritée le prestigieux Outstanding Publication Award de l’Association of Environmental Engineering and Science Professors. Ce prix récompense chaque année un article de référence en ingénierie et en sciences de l’environnement qui a résisté à l’épreuve du temps et influencé de manière significative la pratique dans ces domaines.
Une de ses découvertes les plus connues lève le voile sur le relargage de microplastiques de certains emballages de breuvages en plastique. Cette nouvelle s’est rapidement propagée dans les médias internationaux, motivant des changements dans les procédés industriels et dans les habitudes des consommateurs. La scientifique a également contribué aux recherches antimicrobiennes en montrant que des molécules dérivées de l’érable et de la canneberge peuvent rendre les bactéries résistantes plus sensibles aux antibiotiques. La découverte pourrait aider à réduire la résistance aux traitements causée par la surconsommation d’antibiotiques, une menace qui pourrait provoquer davantage de décès que le cancer d’ici 2050.
Figure exemplaire et source d’inspiration pour les étudiants ainsi que défenseure de l’équité, de la diversité et de l’inclusion, cette pionnière a grandement contribué au soutien des jeunes femmes dans le domaine du génie. Elle encadre activement des femmes scientifiques et des étudiants autochtones en tant que conseillère pour les branches de la Society for Women Engineers et de l’Advancing Indigenous Science and Engineering Society à l’Université McGill. Les stagiaires de son laboratoire ont remporté 100 prix de recherche et 135 bourses, reflétant la qualité de leur travail et du mentorat qu’elle leur offre. « Leur réussite témoigne de la vitalité de notre laboratoire et reste ma plus belle contribution au rayonnement de la recherche scientifique actuelle. »
Les travaux acharnés de Mme Tufenkji dans le domaine de la pollution plastique suscitent de l’intérêt à l’international, comme le prouvent les 30 000 citations générées par ses quelque 190 articles de recherches. Parmi ces derniers, plusieurs ont été publiés dans des revues prestigieuses et cités dans plus de 80 documents politiques. Son article « Microplastics and Nanoplastics in Aquatic Environments: Aggregation, Deposition, and Enhanced Contaminant Transport », fut le plus lu en 2018 dans la revue Environmental Science & Technology. Explorant l’impact des microplastiques et des nanoplastiques dans les eaux, il a été cité plus de 3 000 fois et a été couvert par 3 médias d’actualité et 6 sources politiques.
Grâce à son expertise, la professeure a été invitée à présenter ses travaux à l’occasion de 44 conférences internationales et 70 ateliers, symposiums et séminaires dans de prestigieuses universités telles que Yale, Harvard, l’ETH Zurich et Cambridge. Active et impliquée, Mme Tufenkji a aussi participé à plusieurs activités collaboratives, avec des partenaires universitaires, gouvernementaux et industriels ainsi que diverses institutions du Québec, du Canada et de l’étranger. Elle a notamment dirigé des projets de recherche avec les Producteurs et productrices acéricoles du Québec, Veolia Water Technologies, Kemira Water Solutions et Ocean Spray. Ses recherches en pollution plastique ont incité les organisateurs d’événements politiques d’envergure à solliciter sa participation. Elle a entre autres conseillé la scientifique en chef du Canada sur la pollution microplastique lors d’une table ronde du G7.
Les contributions marquantes de Mme Tufenkji lui ont permis d’accumuler de nombreux prix et distinctions. Elle a d’ailleurs été la première ingénieure au Québec à obtenir la prestigieuse bourse de recherche Dorothy Killam et la première femme de la Faculté d’ingénierie de McGill à occuper une chaire de recherche du Canada. Le prix Marie-Victorin représente pour elle un grand hommage, qu’elle reçoit humblement. « À titre personnel, c’est une validation profonde d’une carrière consacrée à résoudre des questions complexes, souligne-t-elle. Cette reconnaissance honore toute mon équipe et salue le soutien essentiel de mes mentors, de mes collaborateurs et des organismes de financement. »
Son leadership et sa détermination reflètent l’influence qu’elle a eue à travers le monde dans le domaine de l’ingénierie environnementale. Les recherches de Nathalie Tufenkji ont grandement contribué aux avancées scientifiques qui ont eu des retombées positives sur l’environnement et la santé publique.