Pierre Lamy, récipiendaire

Naissance le 4 octobre 1926 à Montréal, décès le 6 décembre 1998 à Montréal

Prix remis le 19 octobre 1981

Biographie

Au sein d’une industrie naissante, à la fin de la décennie 1960,
Pierre Lamy compte parmi les quelques pionniers qui ont défini le métier
de producteur tel qu’il va être pratiqué au Québec. Bien
sûr, quelque 20 années auparavant, à une époque héroïque,
il y avait eu Paul L’Anglais et J.A. DeSève, mais Lamy appartient à
ceux qui vont les premiers profiter du financement de la SDICC (l’ancêtre
de Téléfilm Canada) pour construire l’édifice d’une production
soutenue de longs métrages québécois de fiction.

C’est ainsi que dès 1968 (année de création de la SDICC)
et jusqu’en 1984, Lamy est actif et produit ou coproduit des films de Gilles
Carle (Le Viol d’une jeune fille douce, Red, Les Mâles), de Claude
Fournier (Deux femmes en or), de Denys Arcand (La Maudite Galette,
Gina
), de Jean-Claude Labrecque (Les Smattes), de Claude Jutra (Kamouraska,
Pour le meilleur et pour le pire, La Dame en couleurs
), d’André Brassard
(Il était une fois dans l’Est) et de Francis Mankiewicz (Les
Beaux Souvenirs
). Autant dire que presque tous les noms importants de l’industrie
du cinéma de fiction québécois de l’époque ont un
jour ou l’autre passé par ses bureaux. D’autant plus qu’avant cette période,
Lamy avait aidé Claude Jutra à terminer À tout prendre
(1963) et qu’il avait accompagné les débuts des frères
Claude et Denis Héroux en produisant Pas de vacances pour les idoles
(1965).

Mais dans cette imposante liste de cinéastes qui ont travaillé
avec Pierre Lamy, un nom se démarque, celui de Gilles Carle, l’associé
du producteur au sein des productions Carle-Lamy de 1971 à 1975. Onze
longs métrages sont produits par cette compagnie qui, alors que le cinéma
québécois est en pleine effervescence et que les films de qualité
douteuse ne se comptent plus, continue à maintenir des standards élevés.
En témoigne la valeur des longs métrages réalisés
à l’époque par Carle qui tourne coup sur coup trois de ses meilleurs
films : La Vraie Nature de Bernadette, La Mort d’un bûcheron et
La Tête de Normande Saint-Onge. « Pierre, explique Gilles
Carle dans un entretien qu’il accorde à Michel Coulombe, ne cherchait
pas le succès à tout prix. Il ne m’a jamais reproché de
ne pas avoir de succès. Jamais je n’ai entendu dans sa bouche des paroles
dans ce sens. » Pour les cinéastes qui ont travaillé avec
lui, Pierre Lamy était un partenaire, un collaborateur plutôt qu’un
patron.

Information complémentaire

Date de remise du prix :
19 octobre 1981

Membres du jury :
Louise Surprenant (présidente)
Claude Godbout
Micheline Lanctôt
André Robert

Crédit photo :
Daniel Lessard

Texte :
Marcel Jean