Robert Zamboni, récipiendaire

Chimiste

Naissance le 9 avril 1952 à Vittorio Veneto, Italie, décès le à 

Prix remis le 23 novembre 1999

Biographie

Être exceptionnel, selon ses collègues, doté d’une grande
intelligence et ayant acquis une vaste expérience, Robert Zamboni jouit
d’une éminente réputation à titre d’innovateur et d’homme
d’action dans le domaine de la chimie organique. Ce sont sa détermination,
ses découvertes, sa persévérance et son esprit d’initiative
qui lui valent le prix Lionel-Boulet en 1999.

Les succès universitaires de Robert Zamboni laissent déjà
présager l’étoffe d’un grand scientifique. Titulaire d’un doctorat
en chimie organique de l’Université McGill, il complète sa formation
à l’Université de Pittsburgh et à l’Université Yale,
au laboratoire du professeur Samuel Danishefsky, figure de proue dans les domaines
de la synthèse organique et de la méthodologie.

Une percée dans le domaine des médicaments
contre l’asthme

S’étant démarqué par son esprit d’innovation lors de son
parcours universitaire, le jeune chimiste est presque aussitôt recruté
par Merck Frosst, en 1980. Dès son arrivée, il s’attaque à
la mise au point de médicaments à base de substances naturelles,
connues sous le nom de « leucotriènes » , dans le cadre du programme
de recherche sur l’asthme. Les leucotriènes constituent des agents naturels
présents dans certains cas lors de crises d’allergie. Le docteur Zamboni
et son équipe mènent, pendant plus de dix ans, des recherches
et des essais sur des milliers de composés. Comme c’est le cas pour bien
des scientifiques, ces années d’efforts seront ponctuées de quelques
déceptions. Cependant, tenaces et fidèles au proverbe de Boileau,
vingt fois sur le métier ils remettent leur ouvrage, ce qui les mène
à la découverte du montélukast SINGULAIR.

Ce médicament à prise orale monoquotidienne est l’un des premiers
traitements pour l’asthme à être mis au point au cours des 25 dernières
années. Il constitue également le premier et le seul antagoniste
des récepteurs des leucotriènes à soulager efficacement
les symptômes de l’asthme chez les enfants âgés de 2 ans
et plus, de même que chez les adultes. Ce comprimé présente
de plus un excellent profil de tolérance. Les patients qui l’utilisent
peuvent diminuer de 47 p. 100 en moyenne les doses de corticostéroïdes
en aérosol, une percée majeure dans le domaine des médicaments
contre l’asthme. « Ce sont les bénéfices potentiels pour
la population qui m’ont amené à poursuivre mes recherches en chimie
thérapeutique » , indique Robert Zamboni.

La mise en marché de SINGULAIR, qui a été autorisée
au Canada en 1998 et aux États-Unis en 1997, profite maintenant à
plus de 1,8 million de citoyens canadiens qui souffrent d’asthme, dont 500 000
enfants. En vertu de son excellent profil d’efficacité et d’innocuité,
SINGULAIR est actuellement approuvé dans 79 pays. Au Québec, les
retombées économiques liées à cette grande réussite
seront considérables puisque Merck Frosst, titulaire du brevet relatif
à SINGULAIR, touchera, à Montréal, des redevances pendant
de nombreuses années. Gage de la confiance qu’elle témoigne à
l’égard de sa filiale montréalaise, la société mère
Merck & Co. consent en 1999-2000 à d’importants investissements en
vue d’agrandir le Centre de recherche thérapeutique Merck Frosst. Le
recrutement de personnel chevronné, en majorité des Québécois,
la place prépondérante de Merck dans l’industrie pharmaceutique
québécoise ainsi que le professionnalisme de Robert Zamboni et
de son équipe contribuent au succès de SINGULAIR.

Un chimiste réputé

Au fil de sa carrière, Robert Zamboni se bâtit une réputation
internationale dans le domaine de la chimie organique. Divers établissements
de renom sollicitent d’ailleurs son expertise. Auteur d’environ 80 articles
scientifiques sur les leucotriènes et titulaire d’une vingtaine de brevets
aux États-Unis, il devient professeur adjoint au Département de
chimie de l’Université McGill en 1993. Chaque année, il collabore
à l’organisation du cours de chimie médicale de deuxième
cycle et transmet aux étudiants une expérience de première
main sur les défis et les satisfactions que comporte la profession de
chimiste.

Robert Zamboni représente également un acteur essentiel dans
la formation des médecins qui prescrivent SINGULAIR. Il sera d’ailleurs
invité à titre de conférencier à l’Imperial College
de Londres où l’on donne un cours de réputation internationale
à l’intention des médecins de famille et des pédiatres.

Après avoir occupé des postes de responsabilité croissante
au sein de Merck Frosst, Robert Zamboni se voit confier en 1999 le poste de
vice-président à la chimie thérapeutique. Il coordonne,
entre autres, des projets de mise au point de nouveaux antidiabétiques
et d’inhibiteurs des caspases, une nouvelle famille d’enzymes découverte
récemment. Selon les constatations des chercheurs, les caspases seraient
d’importants agents de la dégénérescence nerveuse découlant
d’accidents vasculaires cérébraux, de traumatismes crâniens
ou de lésions dorsales.

La place de choix que Robert Zamboni occupe chez Merck Frosst à titre
d’innovateur principal de SINGULAIR sera aussi soulignée par l’octroi,
en 1998, du rare et prestigieux Prix d’excellence des directeurs, attribué
par Raymond V. Gilmartin, président et chef de la direction de Merck
& Co. Le lauréat choisit de remetttre sa bourse de 25 000 $ US à
l’Université McGill afin de soutenir le Département de chimie.

Malgré les éloges et les honneurs, Robert Zamboni demeure une
personne simple, dévouée à sa profession et à son
avancement au Québec et dans le monde : « La chimie thérapeutique
est un casse-tête. Mais j’aime les casse-tête et l’aspect concret
de cette science expérimentale qui vise à soigner les gens. »

Résumé de la carrière de Robert Zamboni

1974-1978
Doctorat spécialisé en synthèse organique de l'Université McGill

1978-1980
Études postdoctorales à l'Université Yale et à l'Université de Pittsburgh

1990-1992
Directeur de Merck Frosst

1992-1996
Directeur principal de Merck Frosst

1996-1999
Directeur administratif de Merck Frosst

1997
Mise en marché de SINGULAIR aux États-Unis

1998
Mise en marché de SINGULAIR au Canada

1998
Prix d'excellence des directeurs

1999-
Vice-président à la chimie thérapeutique de Merck Frosst

1999
Prix Lionel-Boulet

Information complémentaire

Date de remise du prix :
23 novembre 1999

Membres du jury :
Guy Bélanger (président)
Roger Blais
Guy Bogdadi
Michel Trudel
Morrel Bachynski

Crédit photo :
Louis-Michel Major

Texte :
Sylvie Dugas et Brigitte Van Coillie-Tremblay

Mise à jour : Nathalie Kinnard