William Moss, lauréate

Biographie

Pionnier de l’archéologie urbaine au Québec, William Moss a développé une expertise d’exception dans ce domaine, notamment comme responsable de l’archéologie à la Ville de Québec pendant plus de trois décennies, le premier à occuper un tel poste au Canada. Son approche novatrice, fondée sur le développement durable et la collaboration avec les partenaires, a eu une influence déterminante sur la pratique de l’archéologie non seulement au Québec, mais également ailleurs dans le monde. Grâce à elle, celui que plusieurs qualifient de visionnaire a contribué de manière significative à faire reconnaître l’archéologie comme un enjeu prioritaire par le milieu municipal, favorisant du même coup la préservation et la mise en valeur des trésors du patrimoine québécois.

William Moss dit recevoir le prix Gérard-Morisset « avec modestie, car, par sa nature même, l’archéologie est un travail d’équipe ». « Néanmoins, je me réjouis de constater que tous les axes de ma carrière soient reconnus comme un ensemble intégré, que les liens entre les différents volets de mes actions soient profitables à la collectivité », ajoute l’archéologue pour qui « cette reconnaissance [lui] rappelle [son] devoir de continuer à faire découvrir ce patrimoine qui nous fait mieux connaître notre présence dans ce beau coin du monde, pendant des millénaires, dans la longue durée ».

C’est en 1985 que William Moss obtient le poste d’archéologue principal au Service de l’aménagement du territoire de la Ville de Québec, alors que le Vieux-Québec vient tout juste d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sous sa direction, jusqu’en 2018, quelque 200 études archéologiques seront réalisées avec la collaboration de partenaires importants, notamment l’Université Laval, sans compter celles effectuées auparavant pour Parcs Canada sur les fortifications de Québec, le ministère de la Culture et des Communications sur la Côte-Nord et la Municipalité de Tadoussac.

Cette collaboration, qu’il établit entre la Ville et l’Université Laval dès son entrée en fonction, mène à la réalisation de plusieurs chantiers-écoles sur des sites d’une valeur inestimable, dont l’îlot des Palais et l’îlot Hunt. D’autres recherches tout aussi majeures seront réalisées sous sa direction, entre autres à la place Royale, au Monastère des Récollets, sur le chantier naval du Roi et le complexe du Séminaire de Québec.

L’une des grandes fiertés de William Moss est, dit-il, « d’avoir pu intégrer la présence du patrimoine archéologique à la pensée municipale et contribué à implanter une pratique d’archéologie préventive enracinée dans la vision du développement durable du site du patrimoine mondial du Vieux-Québec et de l’ensemble du territoire de la ville de Québec ».

Soucieux de mettre en valeur et de rendre accessibles à la population les découvertes de ses équipes, celui pour qui l’archéologie constitue un bien commun et un héritage à partager a déployé plusieurs projets d’aménagement et d’interprétation. En témoignent le parc du Vieux-Passage dans le quartier Limoilou ou encore le parc du Sacré-Cœur dans l’arrondissement de Charlesbourg, qui intègrent harmonieusement les vestiges du passé dans le paysage contemporain, ou encore l’Auberge Saint-Antoine, cet hôtel-musée qui célèbre si bien le patrimoine de l’îlot Hunt.

Au fil de sa carrière, et bien au-delà de celle-ci, William Moss a publié de nombreux articles scientifiques, prononcé des dizaines de conférences dans des événements nationaux et internationaux, siégé à de multiples comités et organisé plusieurs colloques, notamment ceux de 2000 et de 2014 de la prestigieuse Society for Historical Archaeology, dont il a été le président au milieu des années 2000. Il a également participé à l’organisation de la 16e assemblée générale du Conseil international des monuments et des sites, qui s’est tenue à Québec en 2008, à l’occasion du 400e anniversaire de la ville. 

Comme si cet engagement déjà considérable ne lui suffisait pas, l’archéologue passionné a aussi enseigné à son alma mater, l’Université Laval, de 1997 à 2014, ainsi qu’à la School of Continuing and Professional Studies de l’Université de Virginie, aux États-Unis, et au programme Ville et villages d’art et du patrimoine. Il a été conférencier invité à l’Université de Zhengzhou, en Chine. 

Reconnu pour sa rigueur et ses qualités de rassembleur, William Moss a été un promoteur inlassable du patrimoine québécois sur la scène internationale et apôtre de la pratique de l’archéologie en français. Il a d’ailleurs obtenu de nombreux éloges et plusieurs distinctions tant au Québec et au Canada qu’à l’international. Aujourd’hui à la retraite, il continue d’intervenir dans les médias, de donner des conférences et de collaborer à des projets à titre de conseiller, comme pour le futur Musée national de l’histoire du Québec. Sans contredit, son legs est immense, car au-delà des pratiques innovantes qu’il a mises en place, il a déployé une vision unique servant de guide pour l’avancement de l’archéologie urbaine et la valorisation du patrimoine.

Information complémentaire

Membres du jury :

  • M. Denis Boucher, président
  • Mme Francine Bernier
  • Mme Marie-Dina Salvione
  • M. Alex Tremblay-Lamarche
  • Mme Éliane Trottier
Crédit photo :
  • Frédérique Maranda