Qui est-ce?

Wilder PenfieldMarie-Andrée Bertrand (1925-2011)

Femme de tête reconnue pour sa rigueur et sa combativité légendaire, Marie-Andrée Bertrand a bâti sa carrière de criminologue sur les questions de justice sociale et d’égalité ainsi que sur le désir de transformer la société.

Née à Montréal en 1925, elle cumule de nombreux diplômes, d’un baccalauréat en arts et sciences à un doctorat en criminologie, en passant par une maîtrise en travail social et par un baccalauréat en musique. Ces disciplines la préparent à une carrière prolifique qui s’échelonnera sur quatre décennies. Il serait d’ailleurs plus juste de parler de carrières successives, marquées par un engagement passionné envers les groupes minorisés et marginalisés.

De travailleuse sociale à professeure-chercheuse émérite des universités de Montréal, de Berkeley, de Hambourg, d’Oslo et d’Onati, en Espagne, cette grande intellectuelle à la feuille de route bien remplie se démarque très tôt par son avant-gardisme. Elle est en effet la première femme à obtenir un doctorat en criminologie de l’Université de Californie à Berkeley. Son diplôme en main, elle devient professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, où elle enseigne de 1967 à 1997.

Pionnière dans l’âme, elle fait avancer de nombreuses causes grâce à son esprit d’initiative, à son engagement et à son étonnante ardeur au travail. Sa carrière scientifique s’articule autour de trois axes auxquels elle consacre ses recherches, ses publications, ses prises de position publiques et son action sociale : le rapport des femmes au droit pénal, la politique des drogues (mouvement antiprohibitionniste) et les inégalités fondées sur le genre ou l’origine ethnique. Son engagement social se veut aussi largement associé au développement des théories féministes. Celle qui disait qu’elle était devenue féministe sans le savoir s’est battue jusqu’à la fin de sa vie, avec un dévouement indéfectible, pour l’égalité des femmes. L’envergure et le rayonnement de sa recherche en sciences humaines et sociales lui ont d’ailleurs valu une reconnaissance nationale et internationale. C’est ainsi qu’elle a entre autres été nommée officière de l’Ordre national du Québec en 2005.

Par la richesse de ses idées, jumelée à une vision globale et claire des rapports de pouvoir, des injustices et des inégalités, Marie-Andrée Bertrand a contribué à changer les mentalités et à transformer les pratiques dans de nombreux domaines clés. Elle est sans contredit une source d’inspiration pour plusieurs générations d’intellectuels, d’intervenants québécois et de femmes.

Crédit photo : Université de Montréal.